To the lake (Epidemiya)

To the lake (Epidemiya)

Voici une série produite par Netflix. Très originale, sortie en 2019, elle nous vient de Russie.

Le pitch est des plus simples : une mortelle épidémie frappe Moscou et ses habitants luttent pour survivre dans le chaos. Un petit groupe, convaincu par le vieux Boris sorti de nulle part, va essayer de rejoindre la Carélie. Une république du nord-ouest où se trouve un îlot, sur l’un des grands lacs1 de cette ex province finlandaise.
Sergey, fils de Boris, décide d’embarquer son ex femme Ira et leur jeune rejeton, en même temps que sa maîtresse Anna et son fils Misha (autiste Asperger). Se joignent à eux des voisins, un couple hétéroclite et leur fille Polina, sorte de néo-punk révoltée.

Il y a du Fargo (1996) dans cette création : on retrouve l’ambiance polaire et cette note d’absurde chère aux frères Cohen. Mais pas que, car cette série apocalyptique alterne noirceur, humour et tendresse, sans délaisser l’action. Et si le scénario n’est pas nouveau on ne s’ennuie jamais car c’est très bien rythmé. Les personnages, même secondaires, sont parfaitement campés; chacun apportant sa pierre à l’édifice, évidemment très fragile.

Certes, on pourra critiquer la bande originale qui ne l’est pas toujours. Disons qu’elle emprunte beaucoup… pour ne pas dire qu’elle copie, notamment Hans Zimmer2. Cela dit elle fait le job et ne vient pas systématiquement souligner les scènes importantes.

Maintenant, l’originalité de To the lake est dans son ambiance, sa lumière et ses paysages nordiques. Des routes enneigées au milieu de forêts denses, filmées par drone de jour comme de nuit. Les intérieurs sont également très bien travaillés à tel point qu’on navigue clairement dans une autre société. Aussi, il faut bien l’admettre, cette galerie de portraits, ces « tronches » slaves inconnues dans nos contrées latines, font de To the lake une curiosité en soi.
Assez loin des productions américaines, Netflix a eu le nez de produire cette belle série qui a de quoi convaincre un large public (c’est assez violent toutefois). Malgré un budget modéré la réalisation est excellente, tout comme la photographie : il y a des plans vraiment très beaux.

Les 8 épisodes ont été dévorés en trois soirées et la saison 2 (déjà dans les tuyaux) est attendue avec impatience ! Notez que le dépaysement sera d’autant plus grand que les plus réfractaires se forcerons à la regarder en VO… la langue Russe est très belle 😉


1. les deux plus grands lacs d’Europe sont en Carélie : les lac Ladoga et Onega
2. on entend clairement Inception et son fameux thème Time

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