A toi Gaston, commissaire de police

A toi Gaston, commissaire de police

Je suis petit-fils de commissaire divisionnaire. Sa fille, ma mère, était enseignante mais elle aurait pu embrasser la carrière d’officier de police, tellement son sens de la justice était aigu ; le respect de la Loi était inscrit dans ses gènes. Gaston et Nicole si vous me lisez, dans un autre espace-temps, je vous aime.

Maintenant, on parle d’une autre époque, celle dont on dit que les brigands avaient souvent « une éthique », celle où un flic (l’hirondelle) n’avait probablement pas l’idée d’user de sa matraque à d’autres fins que celles imposées par sa mission, celle où il n’y avait pas une telle défiance à l’égard de nos dirigeants. J’en passe.

A cette époque, les hommes sous les ordres de mon grand-père l’appelaient « patron ». Ils étaient au garde-à-vous, même au téléphone ! Gaston était dur mais juste. Tous l’ont remercié lors de son départ à la retraite, en 1964.

C’est là où je veux en venir : l’affaire Théo est révélatrice, non pas de la dégradation de la morale policière mais de l’évaporation de l’éthique politique, la dissolution de la notion de management et de leadership.
Car qu’est ce qu’un policier ? Un représentant de l’ordre qui applique quotidiennement, comme tout autre salarié, les objectifs assignés par ses supérieurs.Qui sont ces derniers ? Le commissaire d’abord, qui dirige les hommes qui lui sont affectés, les préfets et le ministre de l’intérieur ensuite, qui pilotent ce beau monde ; ils donnent une orientation sur ce qui doit être fait et comment.Si aucune directive claire et ferme n’émane des leaders techniques, des chefs, comment voulez-vous que les hommes sur le terrain aient une idée précise de leur métier ?!
Si les individus qui les dirigent ne sont pas eux-mêmes exemplaires et au casier judiciaire vierge, comment ces êtres humains – il est bon de le rappeler – peuvent-ils raisonnablement appréhender leurs missions ?!On ne parle pas ici de moyens mais de fin.
L’affaire Théo en particulier, le comportement des forces de l’ordre en général, n’est que le miroir des [non] décisions catastrophiques en haut lieu, depuis bien trop longtemps.

Pour terminer, je rappelle à toutes fins utiles que la police, comme l’enseignement, la santé, la justice, l’armée, bref, les fonctions régaliennes, se financent à travers nos impôts. Si nous voulons maintenir ces services indispensables, gardons à l’esprit que le problème n’est pas l’impôt mais la gestion de l’impôt.
Bien que le mot d’ordre « mort aux vaches » ait de tous temps existé, Gaston se retourne dans sa tombe… heureusement ses petits enfants, qui l’idolâtraient, tentent de faire fructifier chaque jour son héritage.

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