Késaco bokeh ?

Késaco bokeh ?

Le bokeh (prononcer « boké ») est un terme apparu au début du XXIème siècle avec la photographie numérique.
Pourquoi ce mot était-il absent du vocabulaire photo des années 80, où l’on pratiquait encore la photo des frères Lumière qu’on appelle « argentique » ?
Tout simplement parce qu’on pouvait aisément maîtriser le flou avec du matériel 24×36 ou moyen format (6×6, 4,5×6, etc.) grâce aux règles de la profondeur de champ (PDC : zone de netteté d’une image photographique), en fonction de la focale et l’ouverture utilisée (diaphragme). Le « flou artistique ».
En 24×36, dimensions en millimètres du film, il était facile de faire un portrait net sur fond flou avec une focale de 85mm et une ouverture de f/4, à une distance relativement proche. Encore plus marqué avec un 200mm ouvert à f/4 à une distance nettement plus éloignée du sujet.

Le souci de PDC est apparu avec la photographie numérique. En effet, les premiers APN (Appareil Photo Numérique) étaient pourvus de capteurs, remplaçant le film, d’une dimension égale à quelques portions de pouce (fini le système métrique). Le standard des petits APN amateurs est passé au 1/3″ ou 2/3″ soit 3,6×4,8mm à 6,6×8,8mm. C’est minuscule comparé au 24×36.

Profondeur de champ

Voici pourquoi ça impacte le bokeh car la profondeur de champ dépend optiquement de ces paramètres :

  • ouverture (du diaphragme)
    plus elle est grande moins la zone de netteté est étendue (au delà et en deçà du sujet)
  • distance de mise au point
    plus on est proche du sujet moins la zone de netteté est étendue
  • focale
    plus elle est élevée moins la zone de netteté est étendue
  • dimensions de la surface sensible (film ou capteur)
    moins elle est grande plus la zone de netteté est étendue

On comprend alors que plus le capteur est petit, plus la profondeur de champs est grande. En deçà d’une certaine taille, il devient très compliqué voire impossible de maîtriser le bokeh. La plupart de nos téléphones mobiles sont dotés d’un capteur minuscule avec une focale large (grand angle) rendant impossible un fond flou, hors bidouillage numérique.

L’obsession du flou artistique

C’est la raison pour laquelle la maîtrise du bokeh, qui est devenu une obsession pour les nouveaux pratiquants du numérique, n’est possible qu’avec des équipements plus haut de gamme dotés de capteurs APS-C ou « plein format » (qui correspond à la référence 24×36). Avec un capteur 1″ et une focale supérieure à 135mm voire 100mm on peut commencer à jouer avec la profondeur de champ, en ouvrant et en se rapprochant du sujet.

A noter qu’une profondeur de champs élevée, que l’on trouve, toutes tailles de capteurs confondues, avec un objectif grand angle (20 à 35mm équiv. 24×36) est un atout pour réussir une image en terme de netteté. Grâce à l’hyperfocale on ne se soucie plus de la mise au point, mais seulement de la vitesse d’obturation qui, trop faible, provoque un flou de bougé. C’est le principe retenu sur les appareils sans mise au point comme les jetables.

Pour en savoir plus sur la taille des capteurs voir www.luzphotos.com

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