Les séries qui ont marqué ma vie

Les séries qui ont marqué ma vie

Le titre fait référence au billet Les films qui ont marqué ma vie écrit ici en 2010. L’eau a depuis coulé sous les ponts et le petit écran a gagné du terrain. Énormément. Les américains ne sont pas étrangers à ce raz de marée. Je ne vais guère plus au cinéma et je rate pas mal de films qui m’auraient certainement plus.
Mais je regarde tous les soir, avec ma compagne, des séries. Les « TV shows » qui ont maintenant obtenu leurs lettres de noblesse, notamment depuis que les Kevin Spacey et autre Matthew McConaughey ont mis le doigt dans le pot à confiture. Les stars d’Hollywood sont venus aux séries, comme les grands​ réalisateurs (Jane Campion ou les Wachowski en tête).
Nos premières rencontres furent en streaming sur les sites « pirates », puis maintenant sur Netflix.
Deux raisons à cela : d’une part la légalité ne fait de mal à personne et les auteurs ont le droit d’être rétribués, d’autre part le plaisir de regarder une série en haute définition (HD) est inégalable. Vous trouverez ci-après quelques écrits sur les séries à voir, selon moi. Sans ordre particulier et sans spoiler !

Breaking Bad

Commencer par celle là, qui est l’une de mes premières séries US (disons post X Files) visionnées lors de ces dernières années. Près de trois ans plus tard, elle reste quasi intacte dans ma mémoire.
Breaking Bad est aux séries ce que sont les Demoiselles d’Avignon à l’Art Moderne : révolutionnaire.
C’est un OVNI. D’autant que j’ai eu la chance de la suivre d’une traite, sans attendre entre les saisons.
On suit les aventures incroyables de Walter White alias Heisenberg : un prof de chimie, un peu raté sur les bords, apprend qu’il a un cancer incurable. Il décide, pour mettre sa famille à l’abri, de fabriquer la meilleure méthamphétamine du sud des États-Unis, aidé par Jessie Pinkman et, indirectement, par son beau-frère Hank, flic à la DEA (les stups).
62 épisodes au cours de 5 saisons, à voir sans modération ! Tout va crescendo, de pire en pire ou de mieux en mieux, on ne sait pas toujours… chaque épisode est un film, une œuvre. L’une des rares séries dont je peux vous raconter quelques opus en particulier : le train dans le désert, la mouche… Tout simplement géniale !
Une œuvre que je reverrai probablement plus tard, tel un bon film classique.

The Handmaid’s Tale

Elisabeth Moss (Mad Men, Top of the Lake) a encore frappé ! Fort !
Pour une fois je démarre un billet série en soulignant une comédienne car son omniprésence, son magnétisme fait de « la servante écarlate » une série aussi excellente que terrifiante. Voici enfin une comédienne qui sort des classiques esthétiques éculés.
Un virus (le sait-on ?) a rendu sur Terre les femmes stériles. Enfin, pas toutes. Les « hommes de foi » prennent le pouvoir au sens propre comme au figuré. Aux USA où les institutions sont à terre, près de Boston, une communauté de pseudos mormons installent en milice la loi martiale et interdisent aux femmes toute autre activité que le foyer pour les unes, la procréation pour les autres. Ces dernières, de rouge vêtues, sont organisées et terrorisées par Tante Lydia (Ann Dowd) dans cet unique but.
La boucle est bouclée, on en revient toujours au même point et l’actualité réelle nous le souligne. On ne peut même plus parler ici de la place de la femme dans la société (thème cher à Miss Moss) mais simplement de sa qualité d’objet doté d’une conscience !
Dans les vieux et salles pots, la meilleure soupe : l’obscurantisme.
La réalisation est très sobre, comme les décors. Les images sont parfois inspirées des toiles flamandes du XVIème siècle, dans notre modernité (l’action se déroule demain ou pas loin). Bien que le casting ne soit pas toujours parfaitement pertinent, Elisabeth Moss reste entourée de comédien(e)s très sobres ; beaucoup sonnent juste.
Contrairement à Big little lies, mini série avec Nicole Kidman qui a fait le buzz mais qui m’a fait bof, j’ai adoré The Handmaid’s Tale et j’attends la saison 2 avec impatience. A suivre sur OCS.

The Leftovers

The LeftoversUne bien belle série à suivre sur OCS, comme les autres séries HBO, l’un des pourvoyeurs les plus en beauté des TV shows (je pense à Game of Thrones ou The Wire).
Le thème est simple : que se passerait-il si, un 14 octobre, 2% de la population disparaissait du globe, se volatilisait instantanément ?
En trois saisons The Leftovers, grâce à ses deux acteurs principaux Justin Theroux et la captivante Carrie Coon (Fargo 3), nous donne une interprétation de la question aussi mystique que barrée. La dimension fantastique est accessoire et ne sert que l’idée forte.
Servie par un casting pléthorique et une bande son pertinente (dont des thèmes originaux lancinants), la série traîne, se délocalise à plusieurs reprises et creuse un sillon dont on ne devine pas l’aboutissement.
Le message, s’il y en a un, n’est pas réellement politique bien que sont épinglés : politiques, sectes, croyances… le plus important est le comportement que chacun adopte face au questionnement.
Certains critiquent la lenteur, certes quelques épisodes connaissent des longueurs, mais le travail d’écriture et de mise en scène est très bon, très original. Beaucoup d’épisodes nous livrent des moments de grâces, des lumières enveloppantes, des paysages étranges. La saison 3 et son final récompense les curieux.
Au détour d’une larme on s’émeut.

Peaky Blinders

Absolument incontournable ! Les Peaky Blinders forment une famille de gangsters de Birmingham à partir de 1919. Ce gang, qui a réellement existé à la fin du 19ème siècle, tient son nom du fait que ces brigands cachaient des lames de rasoir dans la visière (peak) de leur casquette pour aveugler (blind) leurs ennemis. Les Shelby sont des gitans et, à ce titre, la VO donne un ton indoublable (essayez Snatch avec Brad Pitt). Ce gang est dirigé par l’ambitieux Thomas Shelby (magnifique Cillian Murphy) et attise autant les convoitises que l’attention de l’inspecteur Chester Campbell (excellent Sam Neill), détective de la police royale irlandaise sous les ordres de Winston Churchill, envoyé de Belfast pour nettoyer la ville de ses criminels. C’est beau à tomber : photographie, décors, comédiens sont au diapason dans une exceptionnelle reconstitution du Londres des années 20. La pointe de génie tient dans le choix d’une bande son, une musique totalement anachronique.
La saison 3 ne déçoit pas ; la pression monte. La BBC a signé pour au moins deux autres saisons et Samuel L. Jackson aimerait y avoir un rôle. Chiche !

Fargo

Je viens de terminer la saison 3 (avec Erwan McGregor et Carrie Coon). Excellente, si ce n’est cette fin à mon sens un poil bâclée, après 9 épisodes succulents. Fargo est un hommage au film éponyme des frères Cohen, producteurs de la série. Chef d’œuvre à mes yeux, ce bijou est revisité dans la saison 1. Avec le même humour décalé, notamment grâce à Martin Freeman.
Comme Fargo est une série anthologique, c’est à dire que les saisons traitent de sujets différents, avec leur propre distribution, la saison 2 aborde avec la même absurdité – thème de la série, cher aux Cohen – une histoire glauque : la coiffeuse Peggy Blumquist (jouée par la succulente Kirsten Dunst) et son mari boucher, décident de couvrir leurs traces après le meurtre involontaire de Rye Gerhardt, un des fils d’une famille criminelle locale.
L’univers des Cohen est là (tout le monde n’aime pas), la réalisation au dessus du lot.

Mad Men

Là encore une série avec une distribution pertinente, à la réalisation ciselée. On y découvre notamment Elisabeth Moss, qui jouera dans Top of the lake de Jane Campion (cf. plus bas). Mad Men est d’abord une reconstitution historique soignée du New York des années 60 (en gros de 61 à 69). L’auteur à l’origine (Matthew Weiner) est un maniaque et pouvait arrêter le tournage d’un épisode car une machine à écrire posée sur un bureau était de 63 et non de 62…
Mad Men raconte l’histoire de fils de pub de l’époque, dans une grande agence new-yorkaise, tout en traitant de l’évolution des mœurs et de la place de la femme durant cette décennie, de potiche à executive woman. Le pitch ? Don Draper (formidable Jon Hamm), tombeur de ces dames, sorte de James Bond de l’advertising, cache quelque chose, un secret…
Une série qui prend le temps, doucement, pour finir en beauté au moment de la guerre du Vietnam. Tout comme Breaking Bad, les producteurs et réalisateurs l’ont arrêté au bon moment, au sommet de leur art.

Sherlock

Le célèbre limier de Conan Doyle (Benedict Cumberbatch) et son Watson (Martin Freeman) revenus au 21ème siècle. C’est anglais, c’est succulent et drôle, avec deux comédiens superbes. L’un est insupportable mais classieux, l’autre est attachant.
Sherlock Holmes est détective consultant. Son colocataire le docteur Watson est un ancien médecin de l’armée britannique, blessé en Afghanistan. Sherlock aide Scotland Yard à résoudre des enquêtes en utilisant ses dons d’observation et de déduction, aidé par les technologies actuelles.
Ce ne sont que 3 épisodes de 90 mn dans seulement 4 saisons (dont on dit que c’est la dernière). Par conséquent chaque épisode est un film, une histoire à part entière. Bien qu’un fil rouge parcours tous les épisodes et nous tient en haleine.
Sherlock est brillant, épatant et mystérieux. On en redemande !

Black Mirror

Il s’agit de nouvelles qui ont pour thème commun les excès de la modernité : écrans, téléphones, ordinateurs, réseaux sociaux, webcam, manipulation génétique, etc.
Black Mirror est un bijou créé par les anglais, dont l’accent s’entend dans les deux premières saisons (6 épisodes). Netflix ayant racheté les droits de la saison 3 (6 épisodes) on navigue entre l’accent US et british. Chaque épisode est unique avec son propre casting.
Tout se passe après demain donc pas de SF à la Blade Runner : nous sommes visuellement en terrain connu, à quelques exceptions près. Les 12 nouvelles sont toutes captivantes ! Le dernier épisode est splendide, la réalisation et les comédiens sont formidables. On y parle d’abeilles drone, chargées de continuer la pollinisation, après leur disparition progressive…
Presque à chaque fois, on en sort dérangé et/ou ému car l’approche est crédible. A aucun moment je n’ai eu l’impression que les scénaristes se fichaient de ma pomme. Le point de vue est engagé mais pas moralisateur. Le parti pris est d’ordre éthique : est-ce bien cela que nous espérons pour nous et nos enfants ?
Attention : le tout premier épisode pourra choquer certain(e)s. Commencez au suivant 😉

Utopia

Une géniale série anglaise totalement barrée ! Deux saisons où l’on croise l’un des plus beaux psychopathes du cinéma.
« Where is Jessica Hyde? »
Utopia est une bande-dessinée légendaire sur laquelle plane le mystère. uand Ian, Becky, Grant et Wilson, un petit groupe de personnes qui n’avaient jusqu’alors aucun lien, se retrouvent chacun en possession d’un exemplaire original du manuscrit, leurs vies basculent brutalement. Pris pour cible par une impitoyable organisation meurtrière connue sous le nom du Network, les membres du groupe, terrifiés, n’ont plus qu’une solution s’ils veulent survivre : courir !
A l’instar de la bande originale, la série est sur une autre planète. Drôle, sarcastique et intrigante… mais trop courte.

The Americans

On est cette fois dans les années 80, avant la chute du mur de Berlin. The Americans est l’une de mes préférées. D’abord pour ses deux personnages principaux attachants, Phillip et Elizabeth Jennings (alias Matthew Rhys et Keri Russell). Imaginé par Joe Weisberg, un ancien membre de la CIA, elle raconte l’histoires des illégaux, des agents dormants du KGB à la « grande époque ». Jeunes formés en Union Soviétique comme on se doute (aucune limite n’est envisagée) ils sont parachutés en douce aux USA, via le Canada, pour construire un nid douillet artificiel. Ce couple marié met au monde deux charmants bambins et dirige une agence de voyage. Ce que nous raconte cette belle série est la vie compliquée d’Elizabeth et Phillip. L’une s’est construite sous l’idéologie soviétique, arrachée enfant des bras de sa mère, persuadée de participer à la construction d’un monde meilleur. L’autre aussi… mais rapidement habité par le doute et l’idée que la société où il vit a de bons côtés. Et sa famille n’est, finalement, pas qu’un artifice. L’espionnage n’est pas le sujet de la série : ce sont les liens que tissent les nombreux protagonistes qui nous emportent. Série passionnante et aux nombreux rebondissements, notamment grâce à l’existence de leurs enfants (légitimes) dont leur fille Paige, qui atteint doucement l’âge adulte…

Vikings

On passe en Scandinavie, à la fin du 8ème siècle. Ragnar Lodbrok (fascinant Travis Fimmel) est un jeune guerrier viking, avide d’aventures et de nouvelles conquêtes. Lassé des pillages sur les terres de l’Est, il se met en tête d’explorer l’ouest par la mer. Malgré le désaccord de son chef, Haraldson, il se fie aux signes et à la volonté des dieux, en construisant une nouvelle génération de vaisseaux, plus légers et plus rapides.
Vikings est une série à part. Elle est à la fois historique – de nombreuses références à des faits réels – et romancée, documentaire et fantastique. Sa production canado-irlandaise donne lieu à un casting sorti lui-même d’une imagination débordante. Certains personnages (femmes et hommes) sont plus vrais que nature !
En parallèle à Game of thrones, elle dépare. Vikings n’est pas un blockbuster mais pourtant vraiment digne d’intérêt.

Homeland

Une autre série d’espionnage, cette fois ci bien contemporaine, qui offre une réalisation sérieuse. Homeland doit être appréhendé en deux parties distinctes : les 3 premières saisons forment un récit, dont le fil rouge est remanié lors des 3 suivantes. On évolue dans les méandres de la CIA, où Carrie Mathison (Claire Danes) est agent souffrant secrètement d’un trouble bipolaire. Malheureusement, il est très difficile de parler de cette série sans spoiler. Homeland est très actuelle et réaliste. L’ambiance y est lourde, sombre, troublante. Les protagonistes, même les pires, doutent… la caméra prend le temps de dévisager ces êtres humains étranges et déterminés. A mon sens, la réussite de cette série tient autant dans la qualité du scénario que dans la capacité des auteurs à se renouveler et ne jamais tomber dans le manichéisme pur et dur. Rien n’y est noir ou blanc.

Sense8

Créée par les Wachowski (Matrix) Sense8 raconte la naissance de connexions mentales entre 8 personnes sur 8 coins du monde. Ils sont sensitifs. Le thème est simple, la réalisation l’est moins. C’est superbe ! Au premier épisode on est intrigué, dès le second on est happé.
Ici, malgré la résonance fantastique du concept, point d’effet spéciaux sophistiqués. La production s’est surtout payé le luxe de tourner sur la planète entière : Californie, Mexico, Reykjavik, Mumbai, Seoul, Berlin, Londres et Nairobi. Dépaysement assuré, comme nous le susurre le beau générique. Le casting est, une fois encore, au top. Les 8 sont triés sur le volet et leur histoire personnelle captivante.
La photographie est digne des meilleurs films, le rythme est soutenu. Quant à la bande son, elle est très travaillée : c’est le neuvième élément. Si vous aimez les ambiances à la Ridley Scott ou celle de Collision (Crash) vous serez servis.
Je parle surtout ici de la saison 1. La seconde (puisqu’il n’y en aurait pas d’autre) est décevante. La magie est retombée, certes après une attente de plus d’un an.
Votre chance ? Voir les deux saisons d’affilée.

Top of The Lake

Top of The Lake explore les enquêtes de Robin Griffin (formidable Elisabeth Moss découverte dans Mad Men) détective spécialisée dans les crimes et les agressions sexuelles. La première saison se déroule près d’un lac dans les Alpes de Nouvelle Zélande. Dépaysement assuré.
Initialement, cette mini série de 7 épisodes, imaginée par Jane Campion (La leçon de piano), devait en rester là. Mais sous la pression des fans une seconde saison est en cours. Tant mieux ! Si elle reprend les meilleures ficelles de la première, c’est à dire une ambiance à la limite du fantasmagorique, un scénario cousu de fil invisible. On est loin des enquêtes criminelles bateau, et proche des gens, bizarres, étranges. Comme GJ (Holly Hunter), une femme mystérieuse aux cheveux gris, gourou d’une communauté New Age de femmes abîmées par la vie et blessées par les hommes…

Rectify

Daniel Holden sort du couloir de la mort après 19 ans passés dans 4 m². Après avoir été allongé à trois reprises sur le banc d’injection létale, son jugement est invalidé suite à la découverte de l’ADN. Il revient dans sa ville natale, près d’Atlanta, où il essaye de reconstruire sa vie en attendant un nouveau procès. Tout le monde ou presque le croit coupable du viol et meurtre de sa petite amie.
Une branche qui tombe d’un arbre chez le voisin est un évènement majeur pour Daniel, qui découvre téléphone portable, mp3, jeux vidéo modernes… Rectify est une série qui prend le temps. Un temps fou, tellement que Daniel « compte l’espace entre les secondes ». On évolue dans l’Amérique profonde, avec son lot de pécnos, de cathos moralisateur et de politiciens au ras des pâquerettes.
Chaque comédien a son rôle ou le découvre et, finalement, après 4 saisons, on ne s’intéresse plus de savoir si Daniel est ou pas coupable. Ce qui compte est de comprendre comment un être détruit par sa cellule et les jugements – judiciaires ou populaires – peut revenir dans une société où il n’a plus sa place. De comprendre aussi comment sa famille peut l’aider à se reconnecter au monde des vivants.

Bloodline

Bloodline ou « lien de sang » est une étrange et triste histoire de fratrie. La famille Rayburn (Sam Shepard et Sissy Spacek) possède un hôtel prospère sur les Keys. Quatre frères et sœurs : John, flic du compté, Meg, avocate, Kevin, le benjamin mécano de bateaux et l’aîné Danny, seul exilé à Miami. Ce dernier revient aux Keys pour fêter la réussite des Rayburn. On le sait de suite : le retour de ce fils pas comme les autres (étonnant Ben Mendelsohn) n’est pas une bonne idée…
Si vous aimez la photographie, la chaleur, la mer, les palmiers et le sable blanc, cette série est une ode à cet endroit incroyable de Floride, une peinture hyperréaliste digne de l’époque picturale du même nom. Les images – même en intérieur – sont d’une beauté à couper le souffle et ce, dès le premier épisode où la voix off de John et les plans flashback rapides nous indiquent la voie que prendra ce récit.
Si l’histoire n’a rien d’extraordinaire, les ficelles parfois sous-tendues, l’ambiance y est exceptionnelle. Surtout dans la première saison, qui relate l’essentiel des secrets que partagent tous les membres de cette famille au plumage reluisant.
Un mot sur le casting sans fausse note ; les comédiens, [très] connus pour certains, sont à la hauteur des attentes et la réalisation s’attarde sur des détails, des bribes de vie. C’est lent et contemplatif pour nous promener de l’ombre à la lumière, de la légèreté à la pesanteur, du bleu immense au trou noir.
A voir ne serait-ce que la première saison, qui est l’histoire à part entière. Les deux suivantes ronronnent un peu.

Orange is the new black

Orange is the new black (ou OITNB pour les intimes) est une histoire de femmes racontée par des femmes. L’auteur en est une. On suit les tribulations dans la prison pour femmes de Litchfield, où la vie n’est évidemment pas rose tous les jours. Les détenues viennent d’horizons divers et cohabitent dans cette société en vase clos, surveillée exclusivement ou presque par des hommes. L’histoire démarre avec Piper Chapman (Taylor Schilling) petite bourgeoise new-yorkaise et Alex Vause (Laura Prepon) pour s’enfoncer au fil des saisons dans les méandres des communautés raciales (et sexuelles). Il s’agit au sens propre d’une comédie dramatique : c’est souvent drôle, cocasse, mais aussi parfois triste et glauque. Particulièrement la saison 5 qui change un peu de ton…

Game of Thrones

Comment ne pas parler de Game of Thrones ? C’est du lourd ! Chaque épisode dispose du budget d’un blockbuster (100M$ pour la saison 6 soit 10M$ par épisode). Il s’agit d’une adaptation de la série de romans écrits par George R. R. Martin qui a elle aussi ses fans. Je ne vais pas bouder mon plaisir tant il est grand, à voir ce spectacle époustouflant, cette fantaisie médiévale où des mondes s’entre choquent pour la lutte du pouvoir, du trône de fer.
Oui c’est violent, oui il y a du sexe, mais on ne peut qu’applaudir cette galerie de portraits magnifiques servie par une distribution aussi pertinente qu’internationale. Les bons sont très bons, souvent très beaux (ah Jon Snow !) et les mauvais souvent très laids (mais pas que) et très méchants. C’est manichéen à souhait mais qu’est-ce que c’est bien ficelé !
Pour résumer GoT on pourrait chanter « sex and drug and rock’n roll » version moyen âge.
Même les plus réfractaires au médiéval sont tombés dans le piège tendu par GoT, car quand on aime le cinéma, le grand spectacle, on est ravi. On attend avec impatience les saisons 7 et 8, qui devraient être les dernières.
PS : ne ratez jamais l’épisode 9 de chaque saison 😉

The Walking Dead

Encore une grosse production efficace. The Walking Dead n’est pas une histoire de morts-vivants mais de survivance. Pour cette raison la série, inspirée de la BD du même nom, est digne d’intérêt. D’autant que le budget permet de traiter le sujet avec une bonne réalisation et de bons acteurs. Car l’histoire de Rick (Andrew Lincoln) qui se réveille d’un coma pour découvrir que la population a été ravagée par une épidémie qui transforme les êtres humains en morts-vivants, va forcer les vivants à subsister dans un monde post-apocalyptique où ces rôdeurs deviennent moins dangereux que d’autres groupes de survivants.
Oubliez la classification « horreur » et les premières images sanguinolentes, pour rapidement profiter d’une ambiance irréelle où tous les personnages sont constamment en danger…

Narcos

Narcos est une série que j’ai regardé à reculons. Pourtant, comme la plupart autour de moi, elle m’a envoûté. Elle relate l’histoire de Pablo Escobar (joué par l’excellent Wagner Moura) et du cartel de drogue de Medellín, en Colombie. Bien évidemment la version originale est indispensable : les colombiens parlent espagnol et les agents de la DEA anglais. Ou : comment rater cette sublime séquence où Escobar menace « ¿plata o plomo? ». La série inquiète autant qu’elle fascine. D’ailleurs il semble que les colombiens la détestent car ils considèrent qu’elle humanise trop ce monstre tristement célèbre.
Même si vous connaissez l’histoire (je n’en connaissais que des bribes) foncez regarder ce docu-fiction sorti de nulle part. Allez y ! Vous n’en reviendrez pas 😉

Stranger Things

Un soir de novembre 1983 à Hawkins, Will Byers, 12 ans, disparaît sans laisser de traces. Sa mère, ses amis, guidés par la mystérieuse Eleven, et le chef de la police vont le rechercher. Parallèlement, la ville connaît des phénomènes surnaturels, probablement liés au Laboratoire d’Hawkins, géré par le département de l’énergie.
Cette série de 8 épisodes étonne et surprend. On pense au départ à une série pour les jeunes, jouée par des enfants. Mais l’univers fantastique de Stranger Things devient rapidement inquiétant et captivant.  Une belle surprise qui se regarde d’une traite !

Outlander

Si vous aimez l’action, le barré ou la SF, passez votre chemin ! Outlander est une histoire romantique et romanesque. Elle raconte l’histoire étrange de Claire, infirmière britannique durant la seconde guerre mondiale, projetée 200 ans plus tôt alors qu’elle visite l’Écosse (ses loch, châteaux et dolmens) avec son mari retrouvé. Elle se retrouve projetée en pleine guerre des clans, alors que l’Angleterre commence à s’agacer devant la velléité de cette région à prôner son indépendance. Une visite de l’Ecosse et d’un autre pays (saison 2), dans un cadre extraordinaire. Des costumes à tomber. A ce titre, cette série vaut bien des films « de capes et d’épées ». Inutile de regarde en VF puisque ça cause divers langages : gaélique, écossais, anglais…
J’ai beaucoup aimé cette galerie de portraits et cette Écosse magique.

13 reasons why

Une bonne surprise Netflix. Après deux ou trois premiers épisodes, on pense qu’il s’agit d’une série ado de plus. Un mélo dans un collège américain. Pas loin d’abandonner, la sauce prend car, au fur et à mesure, le monde s’obscurcit et le côté adulte de ces jeunes vient au premier plan. Ainsi que les adultes, parents ou tuteurs.
Car, originalité du scénario, ces 13 reasons why pour lesquelles la belle Hannah aurait mis fin à ses jours sont égrainées dans 7 cassettes audio (13 faces) que chaque « responsable » écoute à son tour, embarqués dans une chaîne macabre et intrigante. Ce qui finit par nous poser question sur le malaise de certains ados et nous touche, puisque la plupart des comédiens deviennent touchants. Certains sonnent vrais.
Finalement captivant dans les derniers épisodes.

Dix pour cent

Tiens ?! Une série française ! Elle mérite le détour. Dix pour cent est la commission que touchent les agents de comédiens et chanteurs. Andréa, Mathias, Gabriel et Arlette, agents dans l’agence ASK (Agence Samuel Kerr), jonglent entre différentes situations tout en défendant leur vision du métier: un grand mélange d’art et de business, de vie privée et vie professionnelle.
Chaque épisode fait la part belle a un comédien connu qui joue son propre rôle. Sans jouer à jouer puisqu’il est lui-même. Les producteurs ont réussi à attirer notamment Lucchini, Adjani, Baye ou Binoche. Cette dernière, dans le 6ème et dernier épisode de la saison 2, est impressionnante de naturel et d’humour. Les agents associés, acteurs récurrents, sont très différents. Camille Cottin (la connasse) est particulièrement excellente ; en terme de répartie elle en impose.
Du coup, entre les « grands » comédiens qui sont censés ne pas jouer et les autres, qui jouent un rôle qui n’est pas le leur, la mayo prend grâce à de bons dialogues.
C’est drôle et surtout pas surjoué.

Marcella

Marcella est une ancienne flic. Trompée par son mari, elle décide de remettre le couvert quand, à Londres, son ancienne brigade la consulte pour un meurtre qui rappelle une ancienne affaire sur laquelle elle a bossé et laissé des plumes.
Encore une autre série policière ?
C’est d’abord l’histoire d’une femme (excellente Anna Friel) qui nage en eau trouble, à la fois flic, témoin et suspect, dans un Londres sombre mais pas sinistre. Un bonne petite surprise Netflix qui se regarde avec de bonnes chips ou du chocolat… noir.

Mais encore…

Par manque de temps ou de motivation, je ne détaille pas d’autres séries dignes d’intérêt :

  • The wire (sur écoute) est une excellente série hyper réaliste qui se déroule à Baltimore, paraît-il la série préférée de Barack Obama,
  • Legion est une nouvelle série Marvel dont j’attends la saison 2 pour me prononcer,
  • Orphan Black, série canadienne, est une affaire de clones ; digne d’intérêt grâce à sa comédienne principale qui réalise une sacré peformance.
  • The killing (version US) très bonne série policière,
  • Weeds avec Mary-Louise Parker très drôle en maman abandonnée se livrant au trafic de cannabis en compagnie de son beau-frère,
  • American crime story une série anthologique qui reprend avec brio le procès Simpson (saison 1) quand les autres saisons traiteront d’autres faits d’actualité,
  • Les 100 une saga post-apocalyptique à voir en famille 🙂
  • The good wife, avec Julianna Marguliez qui évolue dans un monde d’avocats et de politiques, série produite par les frères Tony et Ridley Scott,
  • Downton Abbey, une saga britannique en 6 saisons qui traite de l’aristocratie post première guerre mondiale,
  • Broadchurch, une autre série policière britannique plutôt originale,
  • Doctor Foster, nous vient aussi d’outre Manche. 5 épisodes de 60mn qui décrivent la vie du docteur Gemma Foster, flouée par son mari, à voir avec une compagne aimante 😉
  • Master of sex qui n’est pas une série érotique, mais un quasi biopic sur William Masters et Virginia Johnson, deux chercheurs spécialisés dans l’étude des comportements sexuels,
  • Girlboss, petite série sympa qui relate les aventures de Sophia Marlowe, une jeune rebelle fauchée, irresponsable dans l’âme, qui décide de vendre sur eBay,
  • How to get away with murder dit « Murder », qui a bien démarré mais qui aurait dû s’arrêter à la saison 3.

Les séries sur lesquelles je ne m’étendrai pas

House of Cards car, malgré la présence de Kevin Spacey et la sublime Robin Wright, ça ronronne trop. Nous avons abandonné la saison 5 en cours.
True Detective car les 8 épisodes de la première saison auraient pu tenir en 4 ou 5 ; la saison 2 est nettement plus intéressante, aussi noire mais plus mouvementée.
Les séries Marvel : The Arrow, The Flash et Daredevil en tête, car elle visent clairement un public d’adolescents. La première saison de Daredevil (mon personnage préféré des comics US) était pourtant très prometteuse. Je viendrai peut-être causer de Jessica Jones, car la saison 1 accroche (la 2 se fait attendre).
The Blacklist a connu un bon départ mais un mauvais virage. Peut-être que la cinquième saison pourra rebondir ?
Master of none qui porte bien son nom et The OA, une grande déception.

Remarques

Je recommande vivement un système sonore de qualité sans quoi, comme toute bonne production, vous perdez une grande partie du propos. Ces séries ont été regardées en version originale (VOSTFR) : je n’engage pas ma responsabilité pour la version française 😉

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