VTT Giant AC Team 2020 motorisé (Tongsheng TSDZ2)

VTT Giant AC Team 2020 motorisé (Tongsheng TSDZ2)

Le VTT que je me suis proposé de restaurer et d’électrifier durant ce confinement automnale est mon Giant AC Team (une version cadre nu ci-contre) acheté en 2001 pour un montage maison réalisé pour ce qu’on appelait à l’époque du freeride ; pratique aujourd’hui plus proche de l’enduro. Vous pouvez consulter l’article que j’avais écrit alors.

Le Giant AC (pour All Conditions) est un VTT bien né. De conception très robuste il est doté d’une géométrie Turner éprouvée et de trois points de fixations pour l’amortisseur. Il a préfiguré les cadres « multi rôles » avec un débattement de 10 à 15 cm. Compatible disque ou v-brake, tout a été prévu pour les multiples passages de gaine (4 sous le tube supérieur). Giant l’a même envisagé pour la DH grâce à un système anti-déraillement spécifique en option. A l’époque, 15 cm de débattement était déjà une valeur élevée.
Le tweak ci-après va confirmer son indéniable qualité de conception.

Que reste-t-il de nos amours ?

Le montage que j’avais réalisé il y a près de 20 ans a bien vécu. Achetées une misère chez Decathlon les roues, à jante Rigida et moyeux dotés de roulements à aiguilles, n’ont pas bougées.
L’amortisseur Fox Vanilla R non plus, sans une fuite. Tout comme la fourche Fox Vanilla RL, première du nom de la firme au renard ; quelques vidanges plus tard elle fonctionne parfaitement.
Le jeu de direction FSA Orbit XL II est lui aussi sur pied avec ses cartouches à aiguilles comme neuves, surplombé par un poste de pilotage Titec. Selle et tige sont conservés, ainsi que les géniales pédales Time Z.
Comme sur mon scooter je reste fidèle aux pneus Michelin. Contrairement à l’automobile, où une monte bibendum coûte cher, la firme auvergnate propose des gommes cycle de première classe à des prix ultra serrés.
Last but not least, je n’échangerai pas mes freins à disque hydrauliques Hayes Mag de 1999 contre un baril d’Ariel ! Ils ont connu 3 montures et après une palanquée de purges, de plaquettes et 3 paires de disques, ils freinent comme au premier jour. Conception spartiate, maintenance aisée, gaîne kevlar incassable: ils ont fait le bonheur des descendeurs de l’époque. Oui, ils sont laids !

Nouvelle peinture

Je n’ai jamais aimé la déco (unique) trop tape à l’œil de l’AC Team. Cela faisait longtemps que ça me trottait dans ma tête et j’ai donc décidé de le repeindre. Le projet initial fut un rouge Honda appelé  Candy red ref. R4C mais une première couche à la bombe (obtenue chez peinturemoto.fr) fut très loin de la teinte désirée. Un peu refroidi par l’expérience, je me suis tourné vers un rouge plus classique (Ferrari ou rubis proche RAL 3003) après ponçage léger et masquage de tous les pivots, passages de gaine et roulements. Je ne suis pas totalement satisfait du résultat car j’ai commis une erreur lors de l’application du verni ; opération assez compliquée.
Après démontage total du cadre en trois parties (haubans et bases) il m’a fallu refaire l’axe de suspension inférieur, car la vis BTR a cassé lors du remontage. J’ai refabriqué un axe de ø10 avec un tube acier de chez Leroy, coupé à fleur des roulements et alésé (9,85mm) au papier de verre, et une tige filetée de ø8 qui se glisse parfaitement dans ce tube. Deux écrous frein plus tard, sur des roulements neufs, je récupérais une suspension parfaite. A noter qu’aucun roulement (8 en tout) n’a connu de jeu, malgré les mauvais traitements infligés à ce vélo.

Motorisation : vers un VTTAE*

En même temps que sa restauration m’est venue l’idée de le motoriser. Entre parenthèses je ne fais plus de VTT depuis des lustres ; une pratique qui a fait mon bonheur hebdomadaire durant plus de 15 ans. Mais cette année 2020, bien étrange, l’envie de reprendre des sorties en forêt avec des potes m’a titillé. C’est donc par crainte de ne pas suivre les plus sportifs que j’ai envisagé de l’équiper d’un moteur !

Je m’adonne à l’électrification de vélos citadins depuis l’an dernier. Ainsi habitué au montage du Bafang BBS01 et son plateau de 44, mon choix s’est porté cette fois sur le Tongsheng TSDZ2 pour plusieurs raisons :

  1. compatibilité avec les plateaux au standard 110BCD et possibilité d’adapter du 104BCD avec une étoile ad hoc, pour montage de plateaux plus proches de la pratique du VTT (on peut descendre jusqu’à 34 dents)
  2. capteur de couple à la réputation plus proche d’une pratique sportive
  3. plus compact et plus léger
  4. câblage électrique plus simple, moins voyant et débordant
  5. tarif plus doux : moins de 260€ chez pswpower.com soit ±100€ de moins qu’un BBS01

J’en ai profité pour convertir la transmission 3×9 vitesses en 1x10v avec un plateau narrow wide de 36 dents, un dérailleur Shimano XT RD-M781-SGS + Pilo S10 et une cassette CSMS3 Sunrace 11-42. Mon choix étant motivé par un trio qualité/prix/robustesse d’une transmission 10 vitesses. En effet, plus on monte en braquets (jusqu’à 12 voire 13) plus la chaîne s’affine, plus la maintenance augmente. C’est donc un choix d’autant plus économique que j’ai partagé ma batterie de ville grâce à l’achat d’un socle supplémentaire. La transformation, peinture comprise, m’aura coûté moins de 400€.

Clairement, ce Giant AC était fait pour accueillir une motorisation ! Tout tombe au poil y compris la bride de fixation du TSDZ2. En effet, contrairement au BBS01, ce dernier est prévu pour s’arrimer à l’arrière d’un cadre rigide, entre les bases et le tube de selle. Mais sur un TS (tout suspendu) ça n’est pas possible car le triangle arrière est mobile. Il faut alors bricoler une bride avec une cornière alu (15×15 ou 20×20) et un collier type plomberie, pas très heureux. Grâce aux concepteurs de l’AC le souci est réglé : un plot de fixation ø4 sur le bas du tube de selle vient accueillir la cornière en toute logique ; il aura juste fallu la courber de quelques degrés (je n’ai jamais su à quoi servait ce point de fixation). Du côté moteur j’ai utilisé la longue BTR ø8 fournie pour la bride et une entretoise réalisée sur mesure avec le tube ø10 de chez Leroy. Aidé d’un coup de bombe noire, le résultat est très sobre esthétiquement et semble pouvoir affronter les méfaits mécaniques du VTT.
Une fois les deux supports DH (autour du boîtier de pédalier) supprimés à la disqueuse, le moteur se positionne parfaitement, sans entretoise, à quelques mm de la base droite.

Le parcours des câbles électriques a été facilité par des supports de gaine fixés aux nombreux passages de câbles libres du cadre. En l’absence de capteur de freinage ou de déraillement et d’un faisceau d’éclairage, ce câblage est discret. La batterie quant à elle a été montée via les points de fixation type porte-bidon sous le tube diagonal (c’était pourtant une drôle d’idée d’en avoir mis là !) ; fixation renforcée par une attache velcro solidaire du porte bidon supérieur. Car les secousses d’une pratique tout terrain mettent la lourde batterie en mouvement : se contenter des deux vis du porte-bidon serait une mauvaise idée. Une sangle solide n’est pas de trop.

Cette batterie est une 13Ah « side release » à cellule Sony, que je partage avec mon vélo de ville. Moyennant 22€ j’ai acheté un socle chez www.enerprof.de, boutique que je ne conseille pas forcément car leur service logistique est catastrophique.  J’ai fini par avoir ce que je voulais au prix d’échanges par mail interminables. Pour un site allemand c’est assez rare car habituellement les boutiques outre Rhin sont hyper compétitives. Cela dit pour celui qui cherche une side release avec un second socle, ils sont incontournables à cette heure car Ali ne propose que du Hailong droit.

La diminution de la garde au sol ainsi que le décalage de la ligne de chaîne sont les points noirs d’une motorisation en kit. Afin de parfaire cette ligne j’ai acquis un plateau NW 34T SUNN en remplacement d’un VXM made in Aliexpress. Cette correction optimale est possible car le SUNN possède des gorges sur la face interne, afin que la vis cheminée arase le plateau, quand l’autre côté est doté d’un épaulement de ±1,5mm. Ce qui fait près de 4mm d’entretoise entre l’étoile (adaptateur 104BDC) et le plateau. En ajoutant deux entretoises de 1x10mm, j’obtiens une ligne de chaîne plutôt correcte basée sur le 5ème pignon (1x10v, BSA68) tout en bordant le carter moteur.

Dans l’attente d’une sortie de confinement, mon premier test est bitumant et trébuchant ! Et ce moteur, plutôt silencieux mais pas plus que le Bafang, est effectivement surprenant car il y a une certaine progressivité de l’assistance en fonction de la force du coup de pédale. Il me tarde de le sortie en forêt.
A suivre…

(*) VTTAE : Vélo Tout Terrain à Assistance Électrique

L’ancien temps 😉

Pour aller plus loin sur le TSDZ2 le fil de discussion de Cyclurba ou celui en anglais sur Endless Sphere. A lire aussi ce blog très intéressant (très technique). Enfin un fil de discussion complet sur la programmation du TSDZ2 que je n’ai pas tenté à l’instant où j’écris cet article.

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