Les 10 plus gros mensonges en audio

Les 10 plus gros mensonges en audio

Traduction de The 10 biggest lies in audio par Peter ACZEL, automne 2000, n°26 de The Audio Critic.
Ce texte est publiée sur Pasbanal depuis le 5 novembre 2007

La célèbre boutade de Lincoln, selon laquelle on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps, apparaît être à peine applicable à l’audio haut de gamme. Ce qui suit est une tentative de la faire entendre.

Je suspecte fortement les gens d’être plus naïfs aujourd’hui qu’ils ne l’étaient quand j’étais plus jeune. En ce temps, nous ne mettions pas d’aimants dans nos chaussures, la police n’utilisait pas des psychologues pour rechercher des personnes disparues, et aucun chef d’état depuis Hitler n’avait consulté d’astrologues. La plupart d’entre nous croyait en la science sans aucune réserve. Quand l’ère de la hi-fi arriva, des ingénieurs comme Paul Klipish, Lincoln Walsh, Stew Hegman, Dave Hafler, Ed Villchur, et C.G. McProud étaient nos sources d’informations sur l’audio. Les gurus savants sans véritable éducation qui ne connaissent pas l’intégrale de ex étaient encore dans l’avenir sombre.

Ne me méprenez pas. En terme de champ de connaissance existante, le monde audio d’aujourd’hui est clairement loin devant ces temps passés; à une extrémité du champs il y a de brillants fabricants qui surpassent les précurseurs. Du côté sombre, néanmoins, un nouvel âge d’ignorance, de superstition, et de malhonnêteté règne. Pourquoi et comment cela est arrivé a été largement couvert dans les numéros précédents de cette publication (NDLA: The Audio Critic); ici je vise la liste des mensonges proférés par des malins pour piéger les crédules.

1. Le mensonge du câble

Logiquement ce n’est pas le mensonge par lequel commencer car les câbles sont des accessoires, pas des composants audio principaux. Mais c’est le plus gros, le plus sale, le plus cynique, le plus insultant envers l’intelligence, et par dessus tout le mensonge le plus frauduleusement profitable en audio, et il doit donc être placé en tête de liste.

Le mensonge consiste à dire que des câbles pour haut-parleurs et des fiches de connexion onéreux produisent un meilleur son que des produits standards, moyenne gamme (du genre de ceux de Radio Shack). C’est un mensonge qui à été montré, mis en disgrâce, et réfuté maintes et maintes fois par chaque véritable autorité existante, mais les gurus de l’audio détestent l’autorité et les innocents ne peuvent distinguer cela d’un charlatanisme destiné à servir leurs propres besoins.

La seule vérité est que la résistance, l’inductance et la capacité (R, L et C) sont les seuls paramètres affectant les performances sous le seuil des fréquences radio. Le signal ne sait pas s’il est transmis à travers un câble (RLC) cher ou bon marché. Oui, il faut payer un peu plus que le prix plancher pour des fiches correctes, le blindage, l’isolation pour éviter des problèmes de fiabilité, et il faut surveiller la résistance pour des connexions longues. En terme de performance électrique simple, néanmoins, un câble fait à partir de cintres redressés avec les bouts dénudés n’est pas d’un iota inférieur à un câble miracle de 2000€. Pas plus que ne l’est un classique câble pour lampe à 50c le mètre. Les câbles d’un prix extrêmement élevé constituent la plus grosse arnaque dans l’électronique grand public, et observer la capitulation pleine de lâcheté de la plupart des publications sur l’audio face à la pression des vendeurs de câbles est véritablement déprimant.

2. Le mensonge des lampes (des amplificateurs)

Ce mensonge est également, dans un sens, à propos d’un problème périphérique, car les lampes sont loin d’être répandues à l’époque du silicium. C’est un mensonge persistant néanmoins dans le marché haut de gamme de l’audio ; comptez juste le nombre de pages de publicités consacrées aux appareils à lampes à la fin d’un magazine hi-fi typique. Incroyable ! Tout comme l’est, bien sûr, l’affirmation que les lampes sont de manière inhérente supérieures aux transistors dans les applications audio : n’y croyez pas.

Les lampes sont bonnes pour les transmetteurs RF de forte puissance ou les fours à micro ondes, mais au moment de changer de siècle, pas pour les amplificateurs, pré-amplificateurs ou (bon dieu !) les appareils digitaux comme les lecteurs de CD ou DVD. Qu’y a-t-il de mal avec les lampes ? Rien, vraiment. Il n’y a rien de mal avec des dents en or non plus, même pour les incisives supérieures […] ; c’est juste que l’art dentaire moderne offre des options plus attractives. Tout ce que les tubes peuvent faire dans un appareil audio, des équipements sans lampes peuvent le faire mieux, à un moindre coût, avec une plus grande fiabilité. Même l’amplificateur à lampes le mieux conçu au monde aura une plus grande distorsion qu’un amplificateur à transistors aussi bien conçu et aura presque certainement besoin de davantage de maintenance (remplacements des lampes, recalibrage, etc.) pendant sa durée de vie. […]

En ce qui concerne « le son des lampes », il y a deux possibilités :
1. c’est une invention de l’imagination de l’audiophile trompé
2. c’est une coloration délibérée introduite par le fabricant pour entretenir des préférences altérées, et dans ce cas un amplificateur sans lampe pourrait facilement en imiter le son si le concepteur avait été assez pervers pour vouloir qu’il en fût ainsi.

Néanmoins, il existe des situations dans lesquelles un concepteur sophistiqué d’électronique hi-fi pourrait considérer l’usage de lampes (par exemple au niveau RF d’un tuner FM), mais ces exceptions rares et pratiquement limitées ne peuvent couvrir les mensonges courants et d’une grande variété des vendeurs de tubes qui veulent qu’on investisse dans une technologie obsolète.

3. Le mensonge antidigital

Vous l’avez souvent entendu, sous une forme ou une autre. A savoir : le son digital est largement inférieur à l’analogique. Le son numérisé est comme la photographie basique constituée de points dans un journal. Le théorème de Nyquist-Shannon est faux. Le taux d’échantillonnage de 44.1kHz des disques compacts ne peut pas rendre les hautes fréquences là où il n’y a que deux ou trois points d’échantillonnage. Le son numérique, même dans les meilleurs cas, est dur et haché. Et ainsi de suite… tout cela, sans exception, radotage ou présentation délibérée sous un mauvais jour. Une fois de plus, ce mensonge a peu d’impact dans la masse chez qui les technologies digitales ont gagné une totale acceptation ; mais dans les arcanes et parmi les tributaires du monde audio, dans les salons audio haut de gamme obstinés et les salles d’écoutes de divers gurus, cela reste une ligne de conduite.

La plus risible manifestation du mensonge antidigital consiste à préférer le LP obsolète plutôt que le CD. Quant à choisir entre la bande master analogique et la bande master numérique, ceci reste une controverse semi-respectable. Mais choisir les clics, pops et craquements du vynil plutôt que le silence (pas de bruit de fond) des creux constituant les donnés numériques, ceci constitue une rejet pervers de la réalité.

Voici les faits scientifiques que n’importe quel étudiant en électronique (2nde année) peut vérifier pour vous : l’audio numérique possède des arguments irréfutables que l’audio analogique n’a jamais eu et ne peut pas avoir. Les 0 et 1 sont de manière inhérente incapables de créer de distorsion dans le signal, contrairement à une courbe analogique. Même un taux d’échantillonnage à 44.1kHz, le plus bas employé dans les applications hi-fi actuelles, restitue plus que de manière adéquate toutes les fréquences audio. Il ne causera aucune perte d’information dans la plage (des fréquences) audio : pas un iota, pas un scintilla. L’argument « comment restituer 20kHz avec deux points d’échantillonnage ? » est une mauvaise interprétation basique du théorème de Nyquist-Shannon. (Ceux qui ont des doutes devraient prendre des cours élémentaires de systèmes digitaux.)

La raison pour laquelle certains enregistrements analogiques sont meilleurs que certains enregistrements numériques est que les ingénieurs ont fait un meilleur travail concernant le placement des microphones, les niveaux (d’enregistrement), la balance et l’équalisation, ou encore que la pièce où a été effectué l’enregistrement avait une meilleure acoustique. Certains des premiers enregistrements numériques était en effets durs et hachés, pas parce qu’ils étaient numériques mais parce que les ingénieurs pensaient encore analogique, compensant par anticipation des pertes qui n’existaient pas. Les meilleurs enregistrements numériques actuels sont les meilleurs enregistrements jamais réalisés. Pour être juste, il faut admettre qu’un enregistrement analogique réalisé dans les meilleurs conditions possibles et un enregistrement numérique enregistré dans les meilleures conditions possibles, à ce niveau de leurs technologies respectives, seront probablement de qualité comparable. Néanmoins, le nombre de Druides Analogiques en adoration devant l’Arbre aux Merveilles décroît rapidement dans l’univers de l’enregistrement professionnel. La solution digitale est simplement la meilleure solution.

4. Le mensonge contre le test d’écoute en aveugle

Les lecteurs réguliers de cette publication savent comment réfuter les divers mensonges invoqués par ceux qui vouent un culte au haut de gamme pour s’opposer aux tests d’écoute en aveugle (tests ABX), mais une brève explication est nécessaire ici.

La méthode ABX demande que l’équipement A et l’équipement B soit ramenés au même niveau sonore à ±0.1 dB, après quoi on peut écouter aussi longtemps que voulu pour identifier totalement A et identifier totalement B. Si on pense qu’ils sonnent différemment, il est demandé d’identifier X qui est soit A ou B (comme déterminé par un processus de randomisation doublement caché). On est autorisé à faire des comparaisons A/X et B/X à n’importe quel moment, autant de fois voulues pour décider si X=A ou X=B. Comme une réponse au hasard mène au bon résultat 50% du temps, un minimum de 12 essais est demandé pour une validité statistique (16 seraient mieux, 20 encore mieux). Il n’y a pas de meilleur moyen pour déterminer scientifiquement si on affirme juste entendre une différence ou si on peut vraiment l’entendre.

Les gurus vous diront que les tests ABX sont complètement invalides. Tout le monde sait qu’un Krell a un meilleur son qu’un Pioneer, alors s’ils sont indiscernables l’un de l’autre dans un test ABX, c’est que la méthode ABX est mauvaise : c’est leur logique. Tout le monde sait que Joe est plus grand que Mike, alors s’ils mesurent tous les deux 1m80 il y a quelque chose qui cloche avec le mètre ruban, n’est-ce pas?

Les objections habituelles des gurus face aux test ABX sont qu’il y a trop de pression (du genre « voyons à quel point vous entendez bien »), trop peu de temps (du genre « continuez, nous avons besoins de 16 essais »), trop d’éléments insérés sur le chemin du signal (c’est à dire relais, switches, atténuateurs, etc.) et bien sûr le jargon assorti sur la perception sonore. Tout cela n’est que fausses pistes pour détourner l’attention des fondements du contrôle du test. La vérité est que l’on peut faire un test ABX tout seul, sans pression de la part d’autres participants, que l’on peut prendre autant de temps que voulu (pourquoi pas 16 essais en 16 semaines?), et que l’on peut vérifier la transparence des systèmes de contrôle. Les objections sont totalement boiteuses et hypocrites.

Voilà comment on met à terre un hypocrite anti-ABX mentant, fumeux et sournois. Demandez lui s’il croit à un type de test A/B. Il dira sûrement oui. Alors demandez lui quelle perspicacité spéciale il gagne à (1) ne pas ramener les niveaux sonores à la même valeur et (2) regarder furtivement vers les plaques avec le noms des appareils. Regardez le se tortiller et perdre contrôle.

5. Le mensonge du feedback (retour en boucle sur l’amplificateur opérationnel)

Un feedback négatif dans un amplificateur ou un pré-amplificateur est mauvaaaais. Pas de feedback du tout est boooon. Tel est le mensonge largement invoqué.

Le fait est qu’un feedback négatif est l’un des outils les plus utiles disponible pour créer des circuits. Cela réduit la distorsion et augmente la stabilité. Seul à l’Age de bronze de la conception d’amplificateurs (à transistors), dans les années 60 et au début des années 70, le feedback était utilisé de manière si radicale et sans discernement par certains fabricants que le circuit pouvait avoir divers types de problèmes. Ce fut le début du fétichisme anti-feedback. Au début des années 80, un nombre de publications fondamentales d’Edward Cherry (Australie) et Robert Cordell (USA) ont, sans l’ombre d’un doute, mis en lumière qu’un feedback négatif est totalement bénin tant que certaines règles sont strictement observées. Assez de temps s’est écoulé depuis pour que la vérité soit comprise. Les tenants du dogme anti-feedback sont soit malhonnêtes, soit ignorants.

6. Le mensonge du rodage

Ce tissu de conneries (bullshit) largement réitéré consiste à faire croire que les éléments audio électroniques, et même les câbles, produiront un « meilleur son » après une période de rodage de quelques jours ou semaines ou mois (oui, mois). Pure connerie. Les capacités (des condensateurs) prennent « forme » en quelques secondes après la mise sous tension. La tension des transistors se stabilise en quelques minutes (et tout cela ne devrait pas du tout avoir d’importance capitale dans un équipement bien conçu, pour commencer). Il n’y a absolument aucune différence en terme de performance entre la première heure d’utilisation d’un amplificateur (ou pré-amplificateur ou lecteur CD) et la 1000eme. Quant aux câbles, aïe… Nous avons à faire à des vaudous audiophiles plutôt qu’à la science. […]

Les enceintes, cependant, peuvent exiger une période de rodage de quelques heures, peut-être un jour ou deux, afin d’atteindre des performances optimales, cela parce qu’elles constituent des systèmes mécaniques avec des pièces mobiles sous la contrainte qui a besoin d’y régner. (La même chose est vraie pour les appareils avec effets de retour et les armes à feu.) Cela ne veut pas dire qu’une enceinte n’aura pas un « bon son » en sortant de l’emballage, pas plus qu’une voiture avec 15km au compteur ne sera pas bonne à conduire.

7. Le mensonge du double câblage

Même des audiophiles plutôt sophistiqués tombent dans ce tour de passe-passe. Qui plus est, les fabricants d’enceintes participent à cette mascarade quand ils disent que les deux paires de connecteurs à l’arrière d’une enceinte servent autant à faire un double câblage qu’à bi-amplifier. Certains fabricants d’enceintes aux noms respectés sont coupables de cette prosternation hypocrite face aux sacrements des gurus : dans les faits, ils se soumettent aux « réalités » du marché.

La vérité est que bi-amplifier a un sens dans certains cas, même avec un crossover passif, mais le double câblage fait partie du domaine vaudou. Si on bouge les deux extrémités d’un câble vers les connecteurs où sont branchées les extrémités de l’autre câble, absolument rien ne change d’un point de vue électrique. La loi de physique qui dit cela s’appelle le principe de superposition. En termes électroniques, le théorème de superposition dit qu’un nombre de tensions appliquées simultanément à un circuit linéaire résultera à une intensité qui est la somme exacte des courants qui résulteraient si les tensions étaient appliquées individuellement. Le vendeur hi-fi ou l’audiophile qui arrive à prouver le contraire serait instantanément un candidat pour quelques récompenses scientifiques et distinctions académiques. En même temps, il est seulement juste de dire que le double câblage ne fait pas de mal. Il ne fait simplement rien. Comme les aimants dans les chaussures.

8. Le mensonge du filtre secteur

A peu près tout ce qu’il y a à savoir sur ce sujet a été dit dans les manuels d’utilisation des produits de marque Brysson : Tous les amplificateurs de marque Brysson sont fournis avec un circuit de haute qualité dans leur alimentation destiné à contrer les RF, les piques de tension et les autres problèmes dus au secteur. Les amplificateurs de puissance de marque Brysson ne nécessitent aucun système de filtre secteur spécialisé. Brancher directement l’amplificateur à la prise électrique.

Ce qu’ils ne disent pas c’est que la même chose est plus ou moins vraie avec tous les amplificateurs bien conçus. Ils ne sont pas forcément tous du niveau de ceux de Brysson en stabilité et en rendement, mais s’ils sont d’une certaine qualité ils peuvent être directement branchés sur une prise électrique. Si vous avez les moyens de vous offrir un filtre secteur alors vous avez aussi les moyens de vous offrir un amplificateur bien conçu, auquel cas vous n’avez pas besoin du filtre secteur. Il ne fera strictement rien pour vous. Notez qu’il n’est pas question ici des onduleurs utilisés en informatique. Ces onduleurs coûtent moins qu’une boîte magique Tice Audio, et les ordinateurs et leurs composants sont plus vulnérables que des appareils audio décents.

Le plus gros et stupide mensonge à propos du courant « propre » consiste à dire qu’il faut un cordon d’alimentation cher et spécialement conçu pour obtenir le meilleur son possible. N’importe quel cordon capable de supporter les tensions et intensités dans la maison sera aussi efficace qu’un autre. Les cordons ultra haut de gamme constituent une fraude. Vos circuits audio ne savent pas ce qui est à du côté (entrée) courant alternatif de l’alimentation, et cela n’a pas d’importance pour eux. Ce qui importe, c’est le courant continu dont ils ont besoin. Pensez à cela. Le tuyau qui a servi à remplir le réservoir a-t-il une importance pour votre voiture?

9. Le mensonge sur le traitement des CD

Cela remonte à l’époque du vynil, quand traiter la surface des LP avec divers liquides et sprays magiques pouvait parfois (mais pas toujours, loin de là) se traduire par une lecture améliorée, spécialement quand des résidus étaient déposés dans les sillons lors du pressage. La logique commerciale mit en avant, dans les année 80 et 90, des produits magiques similaires pour le traitement des CD. Le problème est que la seule chose qu’un CD a en commun avec un LP est qu’on peut mettre des substances grasses sur sa surface. La surface d’un CD, néanmoins, est très différente. Ses minuscules découpures ne correspondent pas à des lignes d’onde analogique mais contiennent simplement un code numérique fait de 0 et de 1. Ces 0 et 1 ne peuvent pas être « améliorés » (ou « dépréciés » dans ce cas) de la manière dont on peut parfois rendre les sillons d’un LP plus faciles à parcourir. Il n’y que des 0 ou des 1, c’est tout. On pourrait aussi bien polir une pièce de 25c de telle sorte qu’un caissier ne la prenne pas pour une de 10c.

N’utilisez simplement pas de traitement pour les CD: feutres verts, sprays ou étiquettes. Les idiophiles qui disent pouvoir percevoir l’amélioration ne peuvent jamais, jamais, identifier le CD traité dans un test en aveugle. Nul besoin d’ajouter que ce qui est écrit plus haut est aussi applicable pour les DVD.

10. Le mensonge de l’Oreille (l’ouïe) en Or

C’est le mensonge multi-usage qui devrait peut-être être placé en tête de liste en tant que No.1, mais il sera également bon pour conclure la liste. Ceux qui ont une Oreille en Or (OO) veulent vous faire croire que leur ouïe est si fine, si exquise, qu’ils peuvent entendre d’infimes nuances de sons joués mais trop insaisissables pour nous autres. Absolument faux. N’importe qui sans une ouïe abîmée peut entendre ce qu’ils entendent, mais seuls ceux qui ont la pratique et l’expérience savent qu’en faire, comment interpréter.

Ainsi, si une enceinte a une coupure (de fréquences) à 3kHz, cela ne sera perçu comme une réponse (en fréquences) régulière par personne, oreille en or ou pas, mais seule l’oreille expérimentée identifiera rapidement le problème. C’est la même chose quand un mécanicien identifie pratiquement immédiatement le problème en écoutant le bruit d’un moteur. Son ouïe n’est pas plus fine que la vôtre: il sait juste ce qu’il écoute. On pourrait en faire autant après avoir travaillé sur autant de moteurs que lui.

Voilà maintenant la mauvaise partie: les Oreilles en Or auto-proclamées (gurus subjectifs, vendeurs hi-fi haut de gamme, meneurs de clubs audio, etc.) utilisent souvent leur soi-disant ouïe supérieure pour intimider. « N’entendez-vous pas? » disent-ils en comparant deux amplificateurs. On est supposé entendre un grande différence entre les deux alors qu’en réalité, il n’y en a aucune : les OO ne peuvent pas l’entendre non plus; ils disent juste qu’ils le peuvent en se fiant à leur statut reconnu d’OO. Triste à voir.

Et la meilleure défense contre le mensonge de l’Oreille en Or est bien sûr le double test ABX en aveugle (voir #4 plus haut). Ce test fait la distinction entre ceux qui disent entendre quelque chose et ceux qui entendent vraiment. C’est impressionnant le faible nombre d’OO, s’il y en a, avec des résultats aux tests ABX qui correspondent.

Il y a bien sûr davantage de gros mensonges en audio que ces dix, mais gardons en de côté pour une autre fois. En plus, ce n’est pas l’industrie audio qu’on devrait blâmer mais la culture de consommation folle associée à l’acceptation d’une science « vaudou ». L’industrie audio, spécialement dans le secteur haut de gamme, réagit à peine face au climat ambiant. Finalement, chaque culture a ce qu’elle mérite.

Si vous décidez de commenter cet article, bienvenue ! Mais soyez constructif et apportez des arguments (au pire des liens). Aucun commentaire ne sera publié sans honorer cette demande.

Mise à jour du 3 avril 2019 : lisez cet excellent texte Audiophile, tu perds ton sans froid de Pierre Schneider, qui raconte la naissance d’un idiophile.

Quelle est cette image en tête de cet article ? Il s’agit d’un « élévateur de câble » qui pourrait mériter un onzième chapitre ici. Pour s’en convaincre, lire la description complète sur cette page (en anglais). Pour les anglophobes voici un paragraphe édifiant : « L’avancée la plus significative appliquée au DFSS est le pont suspendu à double bande de câble, conçu pour supporter n’importe quel câble, puissance ou signal, tout en dissipant l’énergie vibratoire à travers les bandes de polymère volontairement tendues. La deuxième innovation est le composé granulaire absorbant l’énergie qui remplit la base du DFSS. Cette formulation de composé absorbe l’énergie au sol qui s’accorderait autrement au câble, causant la dégradation du signal. »
Étrange, aucun prix Nobel de physique n’a jamais été accordé à un quelconque inventeur de matériel de ce genre…

209 réactions au sujet de « Les 10 plus gros mensonges en audio »

  1. Hahaha… tu as raison sur tout mais rien n’est juste. C’est ballot ou alors le titre est mensonger. Mais bon, tu n’es qu’un apprenti à coter d’un bonimenteur ou politicien. Dans la vraie vie, rien n’est vrai, rien n’est faux, et le mensonge vrai n’existe pas. Un faux témoignage est un témoignage vrai dans la mesure où la personne est persuadée que c’est vrai. Vous dissertez pour savoir si Mickey existe ! Demandez à des enfants. Bref, ce qui compte, c’est de se faire plaisir et de s’éclater. Je n’argumenterai aucun de ces points, ils sont tous discutables. Chacun son truc et soyez tous bienvenue au Paradis. Les plus riches auront le plaisir de se sentir au dessus grâce à leur compte en Banque, les moins riches comme moi joueront leur musique sur des vieux amplis à lampes complètement pourris , mais explosant de dynamiques et d’harmoniques et au son toujours agréable , jubilatoire et sexy. A+ , amis électroniciens et amoureux du sons.

    1. Je ne reviendrai pas sur cette histoire de vrai ou faux qui ne donne, bien sûr, aucune réponse. Mais seulement sur cette histoire d’ampli à lampe si adoré des musiciens : c’est un choix de production (du son) qui est une option d’auteur.
      Si l’on applique ce choix de (je cite) « vieux amplis à lampes complètement pourris » au moment d’écouter le morceau dans son canapé, cela crée fort logiquement une seconde correction…
      La force de l’enseignement est dans la répétition 🙂

  2. Ce billet est trop bien écrit et trop censé pour que je ne réponde pas et apporte quelques bémols.
    C’est une honte, c’est vrai, que l’industrie profite ainsi de la naïveté de certains pour créer un besoin et vendre hors de prix 3 bouts de fils de cuivre, c’est vrai..
    MAIS :
    Avec tout le respect que je vous dois, vous oubliez une donnée essentielle qu’est le plaisir, l’émotion autosuggérée. Qui n’a pas rencontré un « idiophyle » en extase devant ce fameux cable à 1400 euros, dans sa boite en bois aux charnières haut de gamme, qui ouvre comme un bijou ce morceau de cuivre aux connexions dorées. Le cable terminera sa vie posée sur le sol, invisible, et la boite au fond d’un placard quelque minutes après le déballage. MAIS, il saura qu’il est là, qu’il vit sous ses pieds, qu’il transfert de façon parfaite ce courant électrique qui deviendra un son grave ou aigue.. Au prix du cable, le son sera parfait, croyez le bien…
    Qui n’a pas ressenti, chez un ami comblé, cette joie, le soir dans la pénombre, d’écouter ses classiques aux lueurs des tubes rougies par le courant et des petites diodes AUX, CD1 ou PHONO…Cet idiophyle là aura le meilleur des sons du monde, il aura oublié que la pièce est l’élément le plus important, que le dimensionnement des enceintes plus lourd de conséquences que la bande passante, tout cela, au final, aura peu d’importance. Il s’approchera de son ampli, le fera chauffer dix minutes afin de protéger ses tubes, il contemplera ses boomers, son DAC, sa platine qu’il aura réglé avec minutie, et là, soyez en certain, pour lui, le son sera parfait. Il verra même les notes passer entre les plaques des tubes…

    Car dans ces tests à l’aveugle, ces tests qui ne parlent qu’à nous, hommes cartésiens et « un peu » éclairés, nous oublions souvent que la musique s’écoute autant qu’elle se regarde, et que sans la vue, l’environnement, l’ambiance, le son devient d’une fadeur extrême. D’ailleurs, quand on ferme les yeux, en écoutant nos disques au casque pour ne pas déranger nos familles, le cerveau se rempli d’images acoustiques , de reflets fantastiques et de très belles histoires qui vont de paires avec les sons..Qui est dans notre cerveau ?

    Alors oui je critique les idiophyles qui me gonflent avec leur systèmes de sons aux prix hallucinants et qui m’apprennent que ma prise 220 V n’est pas stable, je moque les vendeurs qui m’inventent de nouvelles formules électriques, je vomis certaines marques qui se moquent des crédules, mais comme j’envie celui qui rentre chez lui, allume avec fierté et émotion ses appareils, et se délecte d’un son qu’il s’invente parfait.
    Ces gens là ne sont pas critiquables, je pense, et comme certains amateurs de peintures, ils adorent des choses que nous, avec notre technicité et notre regard professionnel, réduisons à la technique en oubliant le beau.
    Je regarde la Joconde comme une femme aux bras croisés qui me suit du regard, énigmatique et parfaitement vivante, quand certains de mes amis y voient des lignes de fuite, des traits vers l’infini, des couleurs mélangées… Qui profite le mieux de l’oeuvre ?
    C’est triste que l’industrie profite de l’émotion pour tromper et se gaver, mais c’est rassurant que certains s’y retrouvent….

  3. « Je n’ai pas d’explication au phénomène dont vous me parlez, donc il n’existe pas »
    C’est fou tous ces gens péremptoires sur le résultat d’expériences qu’ils n’ont pas faites !
    😀

  4. L’amour comme un boomerang, me revient des jours passés…

    Ah ce vieil article dont je suis presqu’à 100% d’accord avec mais qu’il faut toute fois nuancer.

    Je sais que c’est caricatural, mais non un cintre déplié ne conviendrait pas : l’aluminium ou l’acier n’est pas aussi bon conducteur que le cuivre (quoique ce serait peut-être négligeable) mais surtout, du fait d’une seul âme, on aurait un problème d’effet pédiculaire (ou skin effect pour les puristes). La réponse en fréquence serait plus altérée que dans le cas du cuivre multi-brins.
    Je préfère le préciser, des fois que certains compareraient un cintre avec des câble à 200€/m, la probabilité d’avoir une différence n’étant pas négligeable, ils pourraient venir démontrer fièrement que l’article a tort.

    Aussi, l’exemple de l’ampli Yamaha n’est pas tout à fait juste : les amplificateurs ont souvent une signature sonore différentes. Peut-être que est-ce moins perceptible dans le haut de gamme.
    Dans la même tranche de prix, par exemple, un Onkyo ne sonne pas du tout comme un NAD et même si je suis tout à fait incapable de désigner le plus fidèle, la différence m’est clairement audible. Cela est probablement dû à leur réponse en fréquence dont les constructeurs en jouent. Aussi, la résistance interne des amplificateurs n’est pas toujours la même, ce qui joue également sur cette courbe et la dynamique et ça je l’ai mesurée dans le début des années 90. Donc, non, les amplificateurs n’ont pas toute la même couleur sonore et heureusement ! Maintenant, à prix décent, il n’y a pas de mauvais amplificateurs, ça j’en suis convaincu.

    Pour le reste, il faut noter que la psycho-acoustique est très importante (même si on s’éloigne de la hifi) d’où l’impression d’effets notoires alors que rien n’est mesurable. L’oreille est beaucoup trop subjective que pour être juge. Finalement, tout cela laisse un fameux bouquet où l’on peut piocher ce qui nous plait.

    Dommage que le charlatanisme vienne ternir ce joli tableau.

    Etant musicien, j’ai des moniteurs studio réputés fidèles et le son n’y est franchement pas super agréable. De ce fait, je suis convaincu que la perfection ne serait pas agréable à écouter.

    Pour les prises électrique spéciales, j’en ai souvent débattu et j’ai souvent répondu « Eh bien, si ton ampli en est là, tu as de sérieux problèmes avec l’alimentation ! ». Pareil pour le respect de la phase ; comment cette position stratégique neutre pourrait-elle influencer la tension sortie d’un transfo et redressée par pont de diodes et filtrée par de gros condensateurs électrolytiques  ?

    Aussi je préfère de loin le vinyle au CD pour le son que procure celui-ci, je ne suis pas dupe et je sais que le numérique y est supérieur dans l’absolu, de nombreux tests le démontrent.
    J’avoue préférer l’analogique (pour le mixage de mes travaux) pour la sensation que ça procure. Je crois que l’oreille aime les défauts. Je suis convaincu que le problème du numérique est d’être trop propre, trop fidèle, trop cru. La perfection n’est pas de notre monde que nous nous faisons !

    Sinon, nous avons la chance d’avoir, de nos jours, de quoi écouter de la musique, comme nous le souhaitons et dans de très bonnes conditions à prix abordable. Si certains veuillent y mettre le prix d’une villa, comme rien n’est plus fort que l’idée, ne tient qu’à eux. Si ces achats compulsifs leur procurent tant de plaisir, tant mieux ! Finalement, l’alcool n’est pas moins chère et au total est bien plus destructif. Les « oreilles d’or », dans ce cas, restent un plaisir sain, non ?

  5. Excellent article!
    Les avis qui suivent le sont tout autant.
    Peut être un autre ; tester pour voir la différence est une très bonne façon de régler les choses en théorie.
    En pratique, comment dire, …, avant cet article j’en ai lu un du « monde » s’appuyant sur des comparaisons sur un baladeur « hi-res »… très décu.
    Donc pour simplifier, tester un composant sur un ensemble hifi pourra donner des résultats différents sur une autre installation, et comme cela a déjà été dis, dans un endroit différents, …, pour une personne différente, …, et très certainement à un moment différent…
    En oubliant pas à la fin de bien débattre du problème… En ce qui me concerne la lecture de cet article m’a permis de résoundre mon questionnement initial sur l’intérêt d’essayer d’améliorer la qualité du courant électrique entrant.
    Un grand merci à tous.

  6. Bonsoir
    Finalement, après m’être régalé à lire votre article et les commentaires afférents, je ne résiste pas à l’envie d’y répondre !
    D’une manière (très) globale, je partage ce point de vue sur le baratin technico-sulfureux adopté par certains snobs de la Hi-Fi.
    En ce qui me concerne, je suis prêt à ouvrir mon portefeuille (avec modération) si un matériel m’enchante les oreilles. Parfois, pour ne pas dire souvent, ce n’est pas le plus cher et, encore plus souvent, je ne perçois pas de différence entre le câble truc-muche et un autre…
    Cependant, il m’arrive aussi régulièrement d’être enthousiaste par certaines combinaisons électronique/câble/enceintes. Par enthousiasme, je ne prétends pas nécessairement entendre une différence en termes de fidélité mais en termes d’émotion. Je subodore même que ce sont certains équipements, qui en « travestissant » l’information musicale, parviennent à me ravir (donc pas Hi-Fi ?).
    En définitive, à la lecture des nombreuses réactions, je me demande si le débat ne se situe pas souvent sur 2 registres différents : la réalité physique en Hi-Fi (pour laquelle je partage votre point de vue) et l’émotion ressentie à l’écoute de certains équipements (parfois déclenchée pour des systèmes qui s’écartent probablement de la fidélité de traitement du signal).
    Bien à vous
    Patrick

    1. Patrick, votre très bonne intervention qui veut défendre la subjectivité de l’auditeur, nous alerte sur la dialectique et la posture de ceux qui veulent affirmer que tout autre choix est une erreur. Car c’est juste un choix que de dépenser des sommes indues dans des matériels ésotériques ou obsolètes ; non une règle.
      Par conséquent je suis d’accord : la réalité physique ne s’oppose pas au ressenti. Ce sont bien deux registres différents.
      Ce que ne comprennent pas certains cupides ou crédules, visés dans cet article 😉

  7. Bravo!
    Cependant quelques nuances ou précisions:
    Les amplis à lampes de qualité sonnent mieux que les amplis à transistors mal construits…. comme d’ailleurs les amplis à transistors bien réalisés fonctionnent mieux que les mauvais amplis à tubes. (composants / soudures / disposition interne et alimentation).
    Il est évidement préférable d’utiliser des câbles disposant d’un bon blindage pour les liaisons bas niveau (surtout phono/préamplificateur).
    Les connections ont certainement bien plus d’influence que les (pseudos) performances des câbles (il suffit de bien visser ou bien enfoncer!!!).
    La disposition des enceintes et les qualités acoustiques du local d’écoute sont d’une très grande importance.
    Résultat:
    Pas la peine de dépenser des sommes ahurissantes dans accessoires très onéreux, affublés de noms ésotériques aux qualités à démontrer.
    Un peu de soin et de discernement, nous permettent d’écouter de la musique dans de très bonnes conditions au moyen de la source, de l’ampli et des enceintes qui nous plaisent.

  8. Le top du top du foutage de gueule, c’est le câble USB « haut de gamme ». Le signal étant composé de bits on ne peut invoquer aucun phénomène même fictif (genre « effet de peau »). Et si un cable USB d’informatique à 3€ perdait des octets, ça se saurait !

  9. Bonjour,
    et selon vous, les différences de sonorité entre différents types de résistance (métal, carbone, tantale, …) ou condensateurs (polypro, chimique, papier huilé, …) sont elles, au même registre que « vos » 10 plus gros mensonges, des affabulations?

    1. J’ai constaté lors d’essais que deux résistances n’avaient pas le même son. Je mettais en série une résistance de puissance entre ampli et haut-parleur. J’ai constaté que le son se dégradait beaucoup, et après divers essais j’ai trouvé quelque chose de relativement « transparent »
      Cette résistance n’est pas une résistance « audiophilie » coutant le prix de l’or, c’est une bête résistance industrielle à quelques euros.
      Ceci pour dire qu’une résistance n’est pas neutre. Mais les choses ne sont pas simple. Si vous constatez une dégradation ou un changement avec une résistance, en mettre deux ne double pas le changement et trois ne triple pas (pardon d’être aussi terre à terre, mais c’est pour rester simple). Plus il y a de résistances dans le circuit d’amplification, moins l’influence sera grande en cas de changement d’une d’entre elles.
      On peut affirmer de toute bonne fois que la résistance a une influence sur le son et exactement contraire avec la même bonne foi. Si les choses étaient simples…

      1. En pratique : une résistance entre un amplificateur et un HP s’appelle un composant de filtrage (signal basse impédance <10 Ohms, quelques Volts).
        Ce qui n'est pas nécessairement le cas dans d'autres applications (signal haute impédance >5 kOhms, quelques mV).
        Par conséquent, dans votre exemple, dire qu’elle a une influence sur le son est une lapalissade : en fonction de son placement, elle participe à une atténuation du signal ou à une correction d’impédance (ex. cellule RLC). Donc oui, une résistance à cet endroit n’est pas neutre.
        En revanche, à partir du moment ou cette résistance est proportionnée à son rôle je n’ai jamais lu ou entendu de test en aveugle révéler une quelconque influence entre tel ou tel type. Sachant qu’ici on a généralement affaire à des résistances bobinées dissipant une forte puissance (disons entre 3 et 10 Watts). La tolérance n’a pas d’influence : à quelques Volts et 8 Ohms on travaille « en gros » en dizaine de pourcents, comme tous les autres composants (self, condensateur).
        Ce qui n’est pas le cas, autre exemple, pour une résistance placée dans une cellule de filtrage actif, en amont de l’ampli, où la tolérance est très importante (de l’ordre de 1%). Maintenant, bien malin qui saura entendre la différence entre une résistance 1/4W à couche métallique et une autre CMS. De nos jours, vu la simplicité d’un tel montage, il est très facile et peu coûteux de réaliser un test en aveugle pour (SIC) « affirmer en toute bonne foi »…

        1. Bonjour Pierre Pesty,

          après avoir lu vos affirmations je me permets de réagir car même en ayant un niveau Bac+2 en électronique, électrotechnique et informatique cela ne suffit pas car ce domaine est très complexe en plus de la quantité impressionnante d’idées fausses à la mode qui circulent.

          Pour synthétiser je peux vous assurer qu’après quelques décennies d’essais, d’expérimentation, de documentation, de remises en question, d’erreurs, tous les composants et câbles ont une influence sur la qualité de l’électricité qu’ils transportent en bout de chaîne jusqu’à l’air à travers lequel la musique est écoutée !

          Même quand vous dites que le rodage n’est pas vrai, j’ai toujours constaté le contraire par exemple sur des hauts-parleurs d’enceintes et transducteurs de casques qui produisent une musique qui s’améliore à l’usage (avec l’usure infime due aux frottements et une meilleure élasticité de parties mobiles). Pour les électroniques, composants et câbles je ne m’affirme pas jusqu’ici et suis toujours dans l’interrogation dans l’attente de pouvoir mieux comprendre.

          Et plus j’ai eu des éléments (sources, amplificateurs, etc…) de qualité, plus j’ai pu percevoir les influences de divers éléments. Avec des éléments de moins bonne qualité il a bien des différences à l’écoute que je n’avais jamais pu percevoir qu’avec du matériel meilleur (plus neutre, qui respecte mieux les enregistrements des supports).

          Ce fut pareil pour la qualité d’une alimentation, la section de câble jusqu’à un certain diamètre, en plus un câble en fonction de sa qualité, de sa conception peut reproduire un signal plus ou moins correctement en fonction du type de signal, de sa fréquence, de sa section, de son couplage avec les appareils qu’il raccorde et bien d’autres paramètres électriques et de son environnement…

          Il y a des fois où je pensais avoir un rendu sonore plus neutre en appliquant certaines solutions physiques mais il n’en était rien. Parfois cela a été l’inverse. Il y a encore beaucoup de paramètres, de moyens de mesures, etc… qui nous sont inconnus.

          Il y a certes beaucoup de mensonges actuellement au niveau des constructeurs et vendeurs qui perdent les acheteurs quant à la véritable qualité des accessoires et appareils qu’ils vendent.

          Mais en dehors de cela il y a bien des appareils et câbles qui coûtent chers tout de même mais qui ont une qualité bien supérieure aux appareils et accessoires basiques. Encore une fois ce n’est pas simple !

          1. Je relève quelques points dans votre commentaire, sans revenir sur tout ce que vous défendez car c’est déjà bien discuté ici.
            D’une part, à aucun moment « les 10 mensonges » n’affirme que tous les éléments, quels que soient leur prix, se valent… sauf le câble, dès le moment où il répond à un cahier des charges BF : section pour la basse impédance (courant), qualité d’isolation pour la haute impédance (parasites).
            D’autre part, concernant le rodage, le texte conteste avant tout les composants électroniques. Il indique bien que certaines pièces mécaniques peuvent connaître une amélioration (non systématique).
            Enfin, la qualité d’une alimentation en électronique est un point crucial. Tout expert le sait. Mais ça ne défend pas le filtre ou câble secteur ésotérique comme élément d’amélioration audible.

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