Les 10 plus gros mensonges en audio

Les 10 plus gros mensonges en audio

Traduction de The 10 biggest lies in audio par Peter ACZEL, automne 2000, n°26 de The Audio Critic.
Ce texte est publiée sur Pasbanal depuis le 5 novembre 2007

La célèbre boutade de Lincoln, selon laquelle on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps, apparaît être à peine applicable à l’audio haut de gamme. Ce qui suit est une tentative de la faire entendre.

Je suspecte fortement les gens d’être plus naïfs aujourd’hui qu’ils ne l’étaient quand j’étais plus jeune. En ce temps, nous ne mettions pas d’aimants dans nos chaussures, la police n’utilisait pas des psychologues pour rechercher des personnes disparues, et aucun chef d’état depuis Hitler n’avait consulté d’astrologues. La plupart d’entre nous croyait en la science sans aucune réserve. Quand l’ère de la hi-fi arriva, des ingénieurs comme Paul Klipish, Lincoln Walsh, Stew Hegman, Dave Hafler, Ed Villchur, et C.G. McProud étaient nos sources d’informations sur l’audio. Les gurus savants sans véritable éducation qui ne connaissent pas l’intégrale de ex étaient encore dans l’avenir sombre.

Ne me méprenez pas. En terme de champ de connaissance existante, le monde audio d’aujourd’hui est clairement loin devant ces temps passés; à une extrémité du champs il y a de brillants fabricants qui surpassent les précurseurs. Du côté sombre, néanmoins, un nouvel âge d’ignorance, de superstition, et de malhonnêteté règne. Pourquoi et comment cela est arrivé a été largement couvert dans les numéros précédents de cette publication (NDLA: The Audio Critic); ici je vise la liste des mensonges proférés par des malins pour piéger les crédules.

1. Le mensonge du câble

Logiquement ce n’est pas le mensonge par lequel commencer car les câbles sont des accessoires, pas des composants audio principaux. Mais c’est le plus gros, le plus sale, le plus cynique, le plus insultant envers l’intelligence, et par dessus tout le mensonge le plus frauduleusement profitable en audio, et il doit donc être placé en tête de liste.

Le mensonge consiste à dire que des câbles pour haut-parleurs et des fiches de connexion onéreux produisent un meilleur son que des produits standards, moyenne gamme (du genre de ceux de Radio Shack). C’est un mensonge qui à été montré, mis en disgrâce, et réfuté maintes et maintes fois par chaque véritable autorité existante, mais les gurus de l’audio détestent l’autorité et les innocents ne peuvent distinguer cela d’un charlatanisme destiné à servir leurs propres besoins.

La seule vérité est que la résistance, l’inductance et la capacité (R, L et C) sont les seuls paramètres affectant les performances sous le seuil des fréquences radio. Le signal ne sait pas s’il est transmis à travers un câble (RLC) cher ou bon marché. Oui, il faut payer un peu plus que le prix plancher pour des fiches correctes, le blindage, l’isolation pour éviter des problèmes de fiabilité, et il faut surveiller la résistance pour des connexions longues. En terme de performance électrique simple, néanmoins, un câble fait à partir de cintres redressés avec les bouts dénudés n’est pas d’un iota inférieur à un câble miracle de 2000€. Pas plus que ne l’est un classique câble pour lampe à 50c le mètre. Les câbles d’un prix extrêmement élevé constituent la plus grosse arnaque dans l’électronique grand public, et observer la capitulation pleine de lâcheté de la plupart des publications sur l’audio face à la pression des vendeurs de câbles est véritablement déprimant.

2. Le mensonge des lampes (des amplificateurs)

Ce mensonge est également, dans un sens, à propos d’un problème périphérique, car les lampes sont loin d’être répandues à l’époque du silicium. C’est un mensonge persistant néanmoins dans le marché haut de gamme de l’audio ; comptez juste le nombre de pages de publicités consacrées aux appareils à lampes à la fin d’un magazine hi-fi typique. Incroyable ! Tout comme l’est, bien sûr, l’affirmation que les lampes sont de manière inhérente supérieures aux transistors dans les applications audio : n’y croyez pas.

Les lampes sont bonnes pour les transmetteurs RF de forte puissance ou les fours à micro ondes, mais au moment de changer de siècle, pas pour les amplificateurs, pré-amplificateurs ou (bon dieu !) les appareils digitaux comme les lecteurs de CD ou DVD. Qu’y a-t-il de mal avec les lampes ? Rien, vraiment. Il n’y a rien de mal avec des dents en or non plus, même pour les incisives supérieures […] ; c’est juste que l’art dentaire moderne offre des options plus attractives. Tout ce que les tubes peuvent faire dans un appareil audio, des équipements sans lampes peuvent le faire mieux, à un moindre coût, avec une plus grande fiabilité. Même l’amplificateur à lampes le mieux conçu au monde aura une plus grande distorsion qu’un amplificateur à transistors aussi bien conçu et aura presque certainement besoin de davantage de maintenance (remplacements des lampes, recalibrage, etc.) pendant sa durée de vie. […]

En ce qui concerne « le son des lampes », il y a deux possibilités :
1. c’est une invention de l’imagination de l’audiophile trompé
2. c’est une coloration délibérée introduite par le fabricant pour entretenir des préférences altérées, et dans ce cas un amplificateur sans lampe pourrait facilement en imiter le son si le concepteur avait été assez pervers pour vouloir qu’il en fût ainsi.

Néanmoins, il existe des situations dans lesquelles un concepteur sophistiqué d’électronique hi-fi pourrait considérer l’usage de lampes (par exemple au niveau RF d’un tuner FM), mais ces exceptions rares et pratiquement limitées ne peuvent couvrir les mensonges courants et d’une grande variété des vendeurs de tubes qui veulent qu’on investisse dans une technologie obsolète.

3. Le mensonge antidigital

Vous l’avez souvent entendu, sous une forme ou une autre. A savoir : le son digital est largement inférieur à l’analogique. Le son numérisé est comme la photographie basique constituée de points dans un journal. Le théorème de Nyquist-Shannon est faux. Le taux d’échantillonnage de 44.1kHz des disques compacts ne peut pas rendre les hautes fréquences là où il n’y a que deux ou trois points d’échantillonnage. Le son numérique, même dans les meilleurs cas, est dur et haché. Et ainsi de suite… tout cela, sans exception, radotage ou présentation délibérée sous un mauvais jour. Une fois de plus, ce mensonge a peu d’impact dans la masse chez qui les technologies digitales ont gagné une totale acceptation ; mais dans les arcanes et parmi les tributaires du monde audio, dans les salons audio haut de gamme obstinés et les salles d’écoutes de divers gurus, cela reste une ligne de conduite.

La plus risible manifestation du mensonge antidigital consiste à préférer le LP obsolète plutôt que le CD. Quant à choisir entre la bande master analogique et la bande master numérique, ceci reste une controverse semi-respectable. Mais choisir les clics, pops et craquements du vynil plutôt que le silence (pas de bruit de fond) des creux constituant les donnés numériques, ceci constitue une rejet pervers de la réalité.

Voici les faits scientifiques que n’importe quel étudiant en électronique (2nde année) peut vérifier pour vous : l’audio numérique possède des arguments irréfutables que l’audio analogique n’a jamais eu et ne peut pas avoir. Les 0 et 1 sont de manière inhérente incapables de créer de distorsion dans le signal, contrairement à une courbe analogique. Même un taux d’échantillonnage à 44.1kHz, le plus bas employé dans les applications hi-fi actuelles, restitue plus que de manière adéquate toutes les fréquences audio. Il ne causera aucune perte d’information dans la plage (des fréquences) audio : pas un iota, pas un scintilla. L’argument « comment restituer 20kHz avec deux points d’échantillonnage ? » est une mauvaise interprétation basique du théorème de Nyquist-Shannon. (Ceux qui ont des doutes devraient prendre des cours élémentaires de systèmes digitaux.)

La raison pour laquelle certains enregistrements analogiques sont meilleurs que certains enregistrements numériques est que les ingénieurs ont fait un meilleur travail concernant le placement des microphones, les niveaux (d’enregistrement), la balance et l’équalisation, ou encore que la pièce où a été effectué l’enregistrement avait une meilleure acoustique. Certains des premiers enregistrements numériques était en effets durs et hachés, pas parce qu’ils étaient numériques mais parce que les ingénieurs pensaient encore analogique, compensant par anticipation des pertes qui n’existaient pas. Les meilleurs enregistrements numériques actuels sont les meilleurs enregistrements jamais réalisés. Pour être juste, il faut admettre qu’un enregistrement analogique réalisé dans les meilleurs conditions possibles et un enregistrement numérique enregistré dans les meilleures conditions possibles, à ce niveau de leurs technologies respectives, seront probablement de qualité comparable. Néanmoins, le nombre de Druides Analogiques en adoration devant l’Arbre aux Merveilles décroît rapidement dans l’univers de l’enregistrement professionnel. La solution digitale est simplement la meilleure solution.

4. Le mensonge contre le test d’écoute en aveugle

Les lecteurs réguliers de cette publication savent comment réfuter les divers mensonges invoqués par ceux qui vouent un culte au haut de gamme pour s’opposer aux tests d’écoute en aveugle (tests ABX), mais une brève explication est nécessaire ici.

La méthode ABX demande que l’équipement A et l’équipement B soit ramenés au même niveau sonore à ±0.1 dB, après quoi on peut écouter aussi longtemps que voulu pour identifier totalement A et identifier totalement B. Si on pense qu’ils sonnent différemment, il est demandé d’identifier X qui est soit A ou B (comme déterminé par un processus de randomisation doublement caché). On est autorisé à faire des comparaisons A/X et B/X à n’importe quel moment, autant de fois voulues pour décider si X=A ou X=B. Comme une réponse au hasard mène au bon résultat 50% du temps, un minimum de 12 essais est demandé pour une validité statistique (16 seraient mieux, 20 encore mieux). Il n’y a pas de meilleur moyen pour déterminer scientifiquement si on affirme juste entendre une différence ou si on peut vraiment l’entendre.

Les gurus vous diront que les tests ABX sont complètement invalides. Tout le monde sait qu’un Krell a un meilleur son qu’un Pioneer, alors s’ils sont indiscernables l’un de l’autre dans un test ABX, c’est que la méthode ABX est mauvaise : c’est leur logique. Tout le monde sait que Joe est plus grand que Mike, alors s’ils mesurent tous les deux 1m80 il y a quelque chose qui cloche avec le mètre ruban, n’est-ce pas?

Les objections habituelles des gurus face aux test ABX sont qu’il y a trop de pression (du genre « voyons à quel point vous entendez bien »), trop peu de temps (du genre « continuez, nous avons besoins de 16 essais »), trop d’éléments insérés sur le chemin du signal (c’est à dire relais, switches, atténuateurs, etc.) et bien sûr le jargon assorti sur la perception sonore. Tout cela n’est que fausses pistes pour détourner l’attention des fondements du contrôle du test. La vérité est que l’on peut faire un test ABX tout seul, sans pression de la part d’autres participants, que l’on peut prendre autant de temps que voulu (pourquoi pas 16 essais en 16 semaines?), et que l’on peut vérifier la transparence des systèmes de contrôle. Les objections sont totalement boiteuses et hypocrites.

Voilà comment on met à terre un hypocrite anti-ABX mentant, fumeux et sournois. Demandez lui s’il croit à un type de test A/B. Il dira sûrement oui. Alors demandez lui quelle perspicacité spéciale il gagne à (1) ne pas ramener les niveaux sonores à la même valeur et (2) regarder furtivement vers les plaques avec le noms des appareils. Regardez le se tortiller et perdre contrôle.

5. Le mensonge du feedback (retour en boucle sur l’amplificateur opérationnel)

Un feedback négatif dans un amplificateur ou un pré-amplificateur est mauvaaaais. Pas de feedback du tout est boooon. Tel est le mensonge largement invoqué.

Le fait est qu’un feedback négatif est l’un des outils les plus utiles disponible pour créer des circuits. Cela réduit la distorsion et augmente la stabilité. Seul à l’Age de bronze de la conception d’amplificateurs (à transistors), dans les années 60 et au début des années 70, le feedback était utilisé de manière si radicale et sans discernement par certains fabricants que le circuit pouvait avoir divers types de problèmes. Ce fut le début du fétichisme anti-feedback. Au début des années 80, un nombre de publications fondamentales d’Edward Cherry (Australie) et Robert Cordell (USA) ont, sans l’ombre d’un doute, mis en lumière qu’un feedback négatif est totalement bénin tant que certaines règles sont strictement observées. Assez de temps s’est écoulé depuis pour que la vérité soit comprise. Les tenants du dogme anti-feedback sont soit malhonnêtes, soit ignorants.

6. Le mensonge du rodage

Ce tissu de conneries (bullshit) largement réitéré consiste à faire croire que les éléments audio électroniques, et même les câbles, produiront un « meilleur son » après une période de rodage de quelques jours ou semaines ou mois (oui, mois). Pure connerie. Les capacités (des condensateurs) prennent « forme » en quelques secondes après la mise sous tension. La tension des transistors se stabilise en quelques minutes (et tout cela ne devrait pas du tout avoir d’importance capitale dans un équipement bien conçu, pour commencer). Il n’y a absolument aucune différence en terme de performance entre la première heure d’utilisation d’un amplificateur (ou pré-amplificateur ou lecteur CD) et la 1000eme. Quant aux câbles, aïe… Nous avons à faire à des vaudous audiophiles plutôt qu’à la science. […]

Les enceintes, cependant, peuvent exiger une période de rodage de quelques heures, peut-être un jour ou deux, afin d’atteindre des performances optimales, cela parce qu’elles constituent des systèmes mécaniques avec des pièces mobiles sous la contrainte qui a besoin d’y régner. (La même chose est vraie pour les appareils avec effets de retour et les armes à feu.) Cela ne veut pas dire qu’une enceinte n’aura pas un « bon son » en sortant de l’emballage, pas plus qu’une voiture avec 15km au compteur ne sera pas bonne à conduire.

7. Le mensonge du double câblage

Même des audiophiles plutôt sophistiqués tombent dans ce tour de passe-passe. Qui plus est, les fabricants d’enceintes participent à cette mascarade quand ils disent que les deux paires de connecteurs à l’arrière d’une enceinte servent autant à faire un double câblage qu’à bi-amplifier. Certains fabricants d’enceintes aux noms respectés sont coupables de cette prosternation hypocrite face aux sacrements des gurus : dans les faits, ils se soumettent aux « réalités » du marché.

La vérité est que bi-amplifier a un sens dans certains cas, même avec un crossover passif, mais le double câblage fait partie du domaine vaudou. Si on bouge les deux extrémités d’un câble vers les connecteurs où sont branchées les extrémités de l’autre câble, absolument rien ne change d’un point de vue électrique. La loi de physique qui dit cela s’appelle le principe de superposition. En termes électroniques, le théorème de superposition dit qu’un nombre de tensions appliquées simultanément à un circuit linéaire résultera à une intensité qui est la somme exacte des courants qui résulteraient si les tensions étaient appliquées individuellement. Le vendeur hi-fi ou l’audiophile qui arrive à prouver le contraire serait instantanément un candidat pour quelques récompenses scientifiques et distinctions académiques. En même temps, il est seulement juste de dire que le double câblage ne fait pas de mal. Il ne fait simplement rien. Comme les aimants dans les chaussures.

8. Le mensonge du filtre secteur

A peu près tout ce qu’il y a à savoir sur ce sujet a été dit dans les manuels d’utilisation des produits de marque Brysson : Tous les amplificateurs de marque Brysson sont fournis avec un circuit de haute qualité dans leur alimentation destiné à contrer les RF, les piques de tension et les autres problèmes dus au secteur. Les amplificateurs de puissance de marque Brysson ne nécessitent aucun système de filtre secteur spécialisé. Brancher directement l’amplificateur à la prise électrique.

Ce qu’ils ne disent pas c’est que la même chose est plus ou moins vraie avec tous les amplificateurs bien conçus. Ils ne sont pas forcément tous du niveau de ceux de Brysson en stabilité et en rendement, mais s’ils sont d’une certaine qualité ils peuvent être directement branchés sur une prise électrique. Si vous avez les moyens de vous offrir un filtre secteur alors vous avez aussi les moyens de vous offrir un amplificateur bien conçu, auquel cas vous n’avez pas besoin du filtre secteur. Il ne fera strictement rien pour vous. Notez qu’il n’est pas question ici des onduleurs utilisés en informatique. Ces onduleurs coûtent moins qu’une boîte magique Tice Audio, et les ordinateurs et leurs composants sont plus vulnérables que des appareils audio décents.

Le plus gros et stupide mensonge à propos du courant « propre » consiste à dire qu’il faut un cordon d’alimentation cher et spécialement conçu pour obtenir le meilleur son possible. N’importe quel cordon capable de supporter les tensions et intensités dans la maison sera aussi efficace qu’un autre. Les cordons ultra haut de gamme constituent une fraude. Vos circuits audio ne savent pas ce qui est à du côté (entrée) courant alternatif de l’alimentation, et cela n’a pas d’importance pour eux. Ce qui importe, c’est le courant continu dont ils ont besoin. Pensez à cela. Le tuyau qui a servi à remplir le réservoir a-t-il une importance pour votre voiture?

9. Le mensonge sur le traitement des CD

Cela remonte à l’époque du vynil, quand traiter la surface des LP avec divers liquides et sprays magiques pouvait parfois (mais pas toujours, loin de là) se traduire par une lecture améliorée, spécialement quand des résidus étaient déposés dans les sillons lors du pressage. La logique commerciale mit en avant, dans les année 80 et 90, des produits magiques similaires pour le traitement des CD. Le problème est que la seule chose qu’un CD a en commun avec un LP est qu’on peut mettre des substances grasses sur sa surface. La surface d’un CD, néanmoins, est très différente. Ses minuscules découpures ne correspondent pas à des lignes d’onde analogique mais contiennent simplement un code numérique fait de 0 et de 1. Ces 0 et 1 ne peuvent pas être « améliorés » (ou « dépréciés » dans ce cas) de la manière dont on peut parfois rendre les sillons d’un LP plus faciles à parcourir. Il n’y que des 0 ou des 1, c’est tout. On pourrait aussi bien polir une pièce de 25c de telle sorte qu’un caissier ne la prenne pas pour une de 10c.

N’utilisez simplement pas de traitement pour les CD: feutres verts, sprays ou étiquettes. Les idiophiles qui disent pouvoir percevoir l’amélioration ne peuvent jamais, jamais, identifier le CD traité dans un test en aveugle. Nul besoin d’ajouter que ce qui est écrit plus haut est aussi applicable pour les DVD.

10. Le mensonge de l’Oreille (l’ouïe) en Or

C’est le mensonge multi-usage qui devrait peut-être être placé en tête de liste en tant que No.1, mais il sera également bon pour conclure la liste. Ceux qui ont une Oreille en Or (OO) veulent vous faire croire que leur ouïe est si fine, si exquise, qu’ils peuvent entendre d’infimes nuances de sons joués mais trop insaisissables pour nous autres. Absolument faux. N’importe qui sans une ouïe abîmée peut entendre ce qu’ils entendent, mais seuls ceux qui ont la pratique et l’expérience savent qu’en faire, comment interpréter.

Ainsi, si une enceinte a une coupure (de fréquences) à 3kHz, cela ne sera perçu comme une réponse (en fréquences) régulière par personne, oreille en or ou pas, mais seule l’oreille expérimentée identifiera rapidement le problème. C’est la même chose quand un mécanicien identifie pratiquement immédiatement le problème en écoutant le bruit d’un moteur. Son ouïe n’est pas plus fine que la vôtre: il sait juste ce qu’il écoute. On pourrait en faire autant après avoir travaillé sur autant de moteurs que lui.

Voilà maintenant la mauvaise partie: les Oreilles en Or auto-proclamées (gurus subjectifs, vendeurs hi-fi haut de gamme, meneurs de clubs audio, etc.) utilisent souvent leur soi-disant ouïe supérieure pour intimider. « N’entendez-vous pas? » disent-ils en comparant deux amplificateurs. On est supposé entendre un grande différence entre les deux alors qu’en réalité, il n’y en a aucune : les OO ne peuvent pas l’entendre non plus; ils disent juste qu’ils le peuvent en se fiant à leur statut reconnu d’OO. Triste à voir.

Et la meilleure défense contre le mensonge de l’Oreille en Or est bien sûr le double test ABX en aveugle (voir #4 plus haut). Ce test fait la distinction entre ceux qui disent entendre quelque chose et ceux qui entendent vraiment. C’est impressionnant le faible nombre d’OO, s’il y en a, avec des résultats aux tests ABX qui correspondent.

Il y a bien sûr davantage de gros mensonges en audio que ces dix, mais gardons en de côté pour une autre fois. En plus, ce n’est pas l’industrie audio qu’on devrait blâmer mais la culture de consommation folle associée à l’acceptation d’une science « vaudou ». L’industrie audio, spécialement dans le secteur haut de gamme, réagit à peine face au climat ambiant. Finalement, chaque culture a ce qu’elle mérite.

Si vous décidez de commenter cet article, bienvenue ! Mais soyez constructif et apportez des arguments (au pire des liens). Aucun commentaire ne sera publié sans honorer cette demande.

Mise à jour du 3 avril 2019 : lisez cet excellent texte Audiophile, tu perds ton sans froid de Pierre Schneider, qui raconte la naissance d’un idiophile.

Quelle est cette image en tête de cet article ? Il s’agit d’un « élévateur de câble » qui pourrait mériter un onzième chapitre ici. Pour s’en convaincre, lire la description complète sur cette page (en anglais). Pour les anglophobes voici un paragraphe édifiant : « L’avancée la plus significative appliquée au DFSS est le pont suspendu à double bande de câble, conçu pour supporter n’importe quel câble, puissance ou signal, tout en dissipant l’énergie vibratoire à travers les bandes de polymère volontairement tendues. La deuxième innovation est le composé granulaire absorbant l’énergie qui remplit la base du DFSS. Cette formulation de composé absorbe l’énergie au sol qui s’accorderait autrement au câble, causant la dégradation du signal. »
Étrange, aucun prix Nobel de physique n’a jamais été accordé à un quelconque inventeur de matériel de ce genre…

223 réactions au sujet de « Les 10 plus gros mensonges en audio »

  1. Vous semblez en savoir bien plus sur la pose d’un WC suspendu , que sur la haute fidélité et la reproduction sonore de qualité.
    Plutôt que d’affirmer bien des choses avec des raisonnements à l’emporte pièce, je vous invite à vous remettre un peu en cause et à écouter la musique qui vous plaît en y recherchant de l’émotion et du plaisir.
    Et si chaque détail, même infime dans l’amélioration de la reproduction sonore vous semble ridicule, je peux vous assurer que mis bout à bout, et additionnés les uns aux autres, ils feront progresser spectaculairement votre système hi-fi au delà de vos espérances. Votre plaisir à l’écoute en sera décuplé. Car ce sont ces petits détails qui font que la musique devient vivante et que l’émotion s’exprime.
    N’oubliez pas qu’une chaîne de reproduction sonore, aura toujours la qualité de sont plus faible maillon. C’est ainsi.

    1. Il faudrait déjà que vous appreniez à lire. L’article n’est pas de moi – c’est écrit en introduction – et il n’est pas une suite de « raisonnements à l’emporte pièce » mais de démonstrations fondées sur l’expérience et la science. Ces mêmes expériences que j’ai réalisé depuis près de 40 ans et que je valide totalement.
      Une seule vérité incontestable dans vos propos : « une chaîne de reproduction sonore, aura toujours la qualité de son plus faible maillon ». Cette lapalissade ne remet pas en cause les écrits ici présents, quelle que soit leur approche.

  2. « Le mensonge du rodage : … Les capacités (des condensateurs) prennent « forme » en quelques secondes après la mise sous tension.  »
    Ayant travaillé dans une boite qui fabrique des condos, je peux vous assurer que vos quelques secondes ne sont pas suffisantes. Comme tout élément électronique (et c’est vrai en méca, en optique …), il y a une phase de stabilisation en début de vie, puis vient la période stable pour finir par une nouvelle période d’instabilité précédant la fin de vie du matériel.
    Pour les condos, ils sont déverminés en usine et quand ils arrivent chez l’utilisateur, ils sont quasi stabilisés. Quasi, cela veut dire qu’il reste une marge d’évolution qui sera certes minime et peut-être pas décelable à partir d’une simple écoute. Et là, je ne vous parle pas de condos spéciaux qui eux ne seront jamais stables et qui nécessitent des circuits spéciaux.
     » Il n’y a absolument aucune différence en terme de performance entre la première heure d’utilisation d’un amplificateur (ou pré-amplificateur ou lecteur CD) et la 1000eme. »
    Là encore, d’expérience, je note une réelle différence de clarté entre une écoute juste après la mise sous tension et quelques minutes de chauffe et ça me paraît normal. Ca fait plus de 30ans que je fais des mesures diverses et variées que ce soit en eon, température, optique et je sais qu’il faut toujours laisser les appareils de mesure se stabiliser après leur mise sous tension. Pourquoi serait-ce différent dans le domaine de l’audio ?

  3. Des mots, des mots, encore des mots, toujours des mots, mais peu de démonstration et aucun exemple. Il ne suffit pas de faire des phrases parsemées de quelques termes scientifiques pour apporter la moindre preuve de la véracité des propos.
    Bon, evidemment, on n’est guère surpris que ce texte soit d’origine US tant il est un parfait reflet de leur culture ou le moindre béotien peut se faire passer pour un grand génie, et il suffit de voir la plupart de leurs présidents pour en être convaincus.
    Je reprends, au hasard, quelques un des points:
    1/ Le mensonge des câbles.
    J’ai déjà fait plusieurs expériences qui montrent que le changement de câble apporte des modifications lors de l’écoute. Il ne s’agit pas d’expérience dont la conclusion serait simplement une différence ressentie, mais de perception de détails musicaux nouveaux comme si on pénétrait dans la cuisine du compositeur. Bien entendu, ce genre de subtilité ne peut être entendue sur de la soupe populaire, riche en bruit mais pauvre en musique.
    Un seul exemple concret: un simple changement de cable numérique fait passer la qualité de reproduction de pas terrible à très bonne (entendu dans un auditorium). Ou encore, remplacer un cable standard par un autre cable de 10cm (strap sur une enceinte prévue pour le bi-cablage) fait que la contrebasse dans le disque de Youn Sun Na est beaucoup plus réaliste (On entend mieux le déplacement des doigts sur le manche).
    Certes, dans cet univers scientifique réduit à une vision limitée du sujet, un câble n’est qu’un composant caractérisé par trois grandeurs. Il s’agit là d’une représentation de l’objet et non de sa description complète, sinon la science se serait arrêtée depuis longtemps.
    2/ Le mensonge anti-digitall.
    Encore une fois, partir d’une assertion aussi extrême que  » le CD c’est pourri, le Vinyl c’est mieux » et ensuite l’étendre pour essayer de démontrer le contraire car les arguments retenus par les anti-digitaux sont pourris, ne me semble pas très honnête.
    Ce qui serait honnête c’est d’écouter une bonne platine vinyle d’une part, et reconnaitre que la reproduction d’un signal digital n’est pas aussi simple que le béotien pourrait le croire. Sinon, il n’y aurait aucune différence entre un DAC à quelques euros et un DAC de haute volée comme les TotalDac.
    3/ le mensonge de l’oreille en or.
    D’abord, toutes les oreilles n’entendent pas toutes les fréquences, surtout si on prend en compte l’age. Ensuite, entendre n’est pas écouter et il s’agit moins d’oreille que de cerveau. Là ou une personne entendra du bruit (ou du son comme ils disent), une autre entendra des nuances musicales, et même une certaine qualité du silence, qui fait partie de la musique.

    Alors, oui, les anarqueurs qui essayent de nous faire croire à des jolis histoires pour nous vendre leurs produits me font horreur. Mais d’un autre côté, ceux qui prétendent tout le contraire, en s’appuyant sur une connaissance limitée de la science, me semblent juste ne pas vouloir reconnaitre qu’ils ne percoivent que des sons et ne comprennent rien à la musique, et préfère le confort de leur communauté au risque de pénétrer l’inconnu.
    Sinon, je vous conseille d’écouter, pour n’en citer qu’un, les Dac TotalDAC et leur cable USB et vous verrez que le mythe du signal fait de 0 et de 1 a un peu de plomb dans l’aile. Tentez aussi les électronique Neodio et vous verrez que les vibrations ne sont pas neutres dans la reproduction d’un signal audio. A condition bien sûr d’avoir les enregistrements à la hauteur.

    1. Votre commentaire, bien écrit, brasse pas mal de concepts sempiternels « que la science ne pourrait pas expliquer ». Le sommet de la crédulité ou de la dissonance cognitive est atteint avec l’idée que:
      1. le changement d’un « strap de 10cm » puisses magnifier le son d’une contrebasse.
      2. il y aurait un « mythe du signal fait de 0 et de 1 »
      3. « les vibrations ne sont pas neutres dans la reproduction d’un signal audio »
      Le dernier point (concernant l’électronique) est l’apogée d’un obscurantisme idiophile car il insulte la science dans son ensemble. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que ce soit l’ineptie choisie pour illustrer cet article: « l’élévateur de câble » 😉

  4. Tout ceci est le reflet du son devenu « marchandise ». Vous auriez aussi pu ajouter le mensonge des watts ! 1000 Watts dans une voiture: Si c’était vrai, La batterie durerai 10 minutes et le mélomane mourrait avant elle.
    Il ne faut pas non plus tomber dans le bas de gamme : cables blindés RCA de grande surface où le blindage n’est constitué que d’un fil extra fin en parallèle de l’âme du cable… En tous cas, c’est une réflexion intéressante que j’ai eu plaisir à lire. Merci.

    1. J’ai mis en exergue un élément crucial de votre commentaire : lors de l’achat du câble de modulation (haute impédance), sans mettre 100€, les câble de ce type (RCA asymétrique) doivent être choisi avec un vrai blindage. Une fois ce paramètre vérifié (pour quelques dizaines d’euros) il n’existe aucune différence, ni physique, ni audible.

  5. Bonjour Monsieur, j’utilse régulièrement un ampli guitare tout transistor il possède une entrée qui permet de l’utiliser en esclave à cette entrée je lui raccorde un ampli de tête toute lampe.
    Au moindre do ré mi, la différence est flagrante.
    Bien cordialement

  6. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous.
    Sur le numérique le fait de découper une courbe du réel (son analogique tel qu’il se trouve à l’état naturel) doit de toute façon avoir une perte…
    Cela étant dit les cameras traditionnelles film 24 images par seconde (bon cela varie entre l’analogique et le numérique) donc on a aussi une perte pourtant notre œil n’est pas capable de percevoir ce manque d’information entre deux images de la même manière pour notre oreille en tous les cas la mienne..

    Pour les câbles est-ce juste de dire que le câble c’est du pipo alors prenant le cas d’émetteur HF mais alors que fait-on TOS on veille au blindage mais aussi a sa longueur une fois connecté, ce ne sont pas le même fréquences mais le fonctionnement est identique…
    De ce point il serait certainement possible de trouver le meilleur accord LRC afin de trouver le bon rendement.

    Mais je doute très fortement que l’on puisse le faire précisément à l’aveugle sans voir l’hautparleur branché pour définir sa rentabilité afin de trouver le meilleur compromis…
    Mais une fois fait serait-ce vraiment perceptible ?
    Je ne parle même pas de monsieur Dupont qui va acheter sa chaine à prix d’or et qui l’installe chez lui sans avoir une pièce d’écoute entièrement calibré à son matériel (parois, volume ect..).

    Néanmoins je suis d’accord que tout ça c’est du pipo (câble électrique j’en parle même pas) avec une réserve sur les transfos 1/1.

    Le premier frein a mon avis n’est pas la reproduction mais la captation le micro a déjà des failles…
    Aujourd’hui la plupart des studios sont numériques mais afin de simuler cette nostalgie analogique (le grain) on va des fois utiliser des effets analogique voir mécanique pour des compresseurs ou des échos ou delay.

    Je pense que sur le ressenti vous avez raison j’ai une conclusion identique à la vôtre mais sur le fond faut voir, une machine pourrait sans doute percevoir des différences qui sont surement inaudible à la plupart d’entre nous et qui sont facturés à des prix d’escroc.

  7. Le mensonge digital a aussi été, dans les années 90, d’essayer de nous faire croire que le vinyle c’était pourri et que le numérique c’était super.
    Je suis un gros « consommateur » de musique et je vous passe le nombre de cds devenu illisibles avec le temps alors que mes vinyles sortis dans les années 50-60 passent encore parfaitement… Alors oui, même si j’achète encore des cds, je préfère définitivement « le LP obsolète » dont, avantage non-audiophile mais non négligeable, les 30x30cm permettent en plus au graphisme de s’exprimer… Le triste de l’histoire, c’est qu’avant, l’industrie musicale numérisait des vinyles sur CD pour s’en mettre plein les fouilles et qu’aujourd’hui, elle vinylise des mp3 pour la même raison…

  8. J e suis toutes sortes de débats à la radio et à la télé. IL est extrêmement difficile de faire changer d’avis quelqu’un dont le seul souci est de vouloir avoir raison car sinon,pense-t-il,il se dévalorise aux yeux des autres et parfois même aux siens. Lire pour cela « Le bug humain »écrit par un docteur en neurosciences. J’ai été dans les maths et la physique jusqu’à ma retraite et j’ai eu à ma disposition 5 amplificateurs,très bien construits,d’une centaine de Watts voir plus que j’ai fait fonctionner dans les mêmes conditions (même local,mêmes sources,mêmes câbles,mêmes enceintes et mêmes disques). J’affirme n’avoir remarqué aucune différence à l’écoute. On arguera que je n’ai pas d’oreilles.
    Si certains contestent cela c’est tout simplement parce que ça ne les arrange pas mais après tout ils sont libres. Mais là où la chose est grave c’est quand ce sont des vendeurs, des industriels et des gens qui écrivent dans des revues spécialisées qui essayent de faire croire à des gens passionnés de musique mais avec peu de moyens financiers qu’il y a une différence et que plus c’est cher mieux c’est. C’est profiter de l’ignorance pour gruger le commun des mortels.
    Maintenant je dirais que celui qui a les moyens aurait tort de se priver d’un appareil au nom prestigieux et d’un esthétisme n’appelant aucune critique (« qui en jette » comme on dit).
    L’article « Les 10 plus…. » est parfaitement objectif et ne suscite aucune contradiction de la part de celui qui le comprend et qui ne fait pas intervenir son ego.
    Mais voilà : admettre ses erreurs et s’avouer, pour beaucoup,qu’on s’est fait avoir,est extrêmement difficile voire impossible à cause d’un trait humain appelé l’amour-propre. C’est la raison pour laquelle il y a tous ces commentaires et qu’il y en aura toujours. Il est vrai que 1+1 font 2 mais en algèbre de Boole,utilisée dans les circuits électroniques
    1+1 font 1. Chacun se fait sa vérité : c’est la diversité humaine.

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