Les 10 plus gros mensonges en audio

Les 10 plus gros mensonges en audio

Traduction de The 10 biggest lies in audio par Peter ACZEL, automne 2000, n°26 de The Audio Critic.
Ce texte est publiée sur Pasbanal depuis le 5 novembre 2007

La célèbre boutade de Lincoln, selon laquelle on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps, apparaît être à peine applicable à l’audio haut de gamme. Ce qui suit est une tentative de la faire entendre.

Je suspecte fortement les gens d’être plus naïfs aujourd’hui qu’ils ne l’étaient quand j’étais plus jeune. En ce temps, nous ne mettions pas d’aimants dans nos chaussures, la police n’utilisait pas des psychologues pour rechercher des personnes disparues, et aucun chef d’état depuis Hitler n’avait consulté d’astrologues. La plupart d’entre nous croyait en la science sans aucune réserve. Quand l’ère de la hi-fi arriva, des ingénieurs comme Paul Klipish, Lincoln Walsh, Stew Hegman, Dave Hafler, Ed Villchur, et C.G. McProud étaient nos sources d’informations sur l’audio. Les gurus savants sans véritable éducation qui ne connaissent pas l’intégrale de ex étaient encore dans l’avenir sombre.

Ne me méprenez pas. En terme de champ de connaissance existante, le monde audio d’aujourd’hui est clairement loin devant ces temps passés; à une extrémité du champs il y a de brillants fabricants qui surpassent les précurseurs. Du côté sombre, néanmoins, un nouvel âge d’ignorance, de superstition, et de malhonnêteté règne. Pourquoi et comment cela est arrivé a été largement couvert dans les numéros précédents de cette publication (NDLA: The Audio Critic); ici je vise la liste des mensonges proférés par des malins pour piéger les crédules.

1. Le mensonge du câble

Logiquement ce n’est pas le mensonge par lequel commencer car les câbles sont des accessoires, pas des composants audio principaux. Mais c’est le plus gros, le plus sale, le plus cynique, le plus insultant envers l’intelligence, et par dessus tout le mensonge le plus frauduleusement profitable en audio, et il doit donc être placé en tête de liste.

Le mensonge consiste à dire que des câbles pour haut-parleurs et des fiches de connexion onéreux produisent un meilleur son que des produits standards, moyenne gamme (du genre de ceux de Radio Shack). C’est un mensonge qui à été montré, mis en disgrâce, et réfuté maintes et maintes fois par chaque véritable autorité existante, mais les gurus de l’audio détestent l’autorité et les innocents ne peuvent distinguer cela d’un charlatanisme destiné à servir leurs propres besoins.

La seule vérité est que la résistance, l’inductance et la capacité (R, L et C) sont les seuls paramètres affectant les performances sous le seuil des fréquences radio. Le signal ne sait pas s’il est transmis à travers un câble (RLC) cher ou bon marché. Oui, il faut payer un peu plus que le prix plancher pour des fiches correctes, le blindage, l’isolation pour éviter des problèmes de fiabilité, et il faut surveiller la résistance pour des connexions longues. En terme de performance électrique simple, néanmoins, un câble fait à partir de cintres redressés avec les bouts dénudés n’est pas d’un iota inférieur à un câble miracle de 2000€. Pas plus que ne l’est un classique câble pour lampe à 50c le mètre. Les câbles d’un prix extrêmement élevé constituent la plus grosse arnaque dans l’électronique grand public, et observer la capitulation pleine de lâcheté de la plupart des publications sur l’audio face à la pression des vendeurs de câbles est véritablement déprimant.

2. Le mensonge des lampes (des amplificateurs)

Ce mensonge est également, dans un sens, à propos d’un problème périphérique, car les lampes sont loin d’être répandues à l’époque du silicium. C’est un mensonge persistant néanmoins dans le marché haut de gamme de l’audio ; comptez juste le nombre de pages de publicités consacrées aux appareils à lampes à la fin d’un magazine hi-fi typique. Incroyable ! Tout comme l’est, bien sûr, l’affirmation que les lampes sont de manière inhérente supérieures aux transistors dans les applications audio : n’y croyez pas.

Les lampes sont bonnes pour les transmetteurs RF de forte puissance ou les fours à micro ondes, mais au moment de changer de siècle, pas pour les amplificateurs, pré-amplificateurs ou (bon dieu !) les appareils digitaux comme les lecteurs de CD ou DVD. Qu’y a-t-il de mal avec les lampes ? Rien, vraiment. Il n’y a rien de mal avec des dents en or non plus, même pour les incisives supérieures […] ; c’est juste que l’art dentaire moderne offre des options plus attractives. Tout ce que les tubes peuvent faire dans un appareil audio, des équipements sans lampes peuvent le faire mieux, à un moindre coût, avec une plus grande fiabilité. Même l’amplificateur à lampes le mieux conçu au monde aura une plus grande distorsion qu’un amplificateur à transistors aussi bien conçu et aura presque certainement besoin de davantage de maintenance (remplacements des lampes, recalibrage, etc.) pendant sa durée de vie. […]

En ce qui concerne « le son des lampes », il y a deux possibilités :
1. c’est une invention de l’imagination de l’audiophile trompé
2. c’est une coloration délibérée introduite par le fabricant pour entretenir des préférences altérées, et dans ce cas un amplificateur sans lampe pourrait facilement en imiter le son si le concepteur avait été assez pervers pour vouloir qu’il en fût ainsi.

Néanmoins, il existe des situations dans lesquelles un concepteur sophistiqué d’électronique hi-fi pourrait considérer l’usage de lampes (par exemple au niveau RF d’un tuner FM), mais ces exceptions rares et pratiquement limitées ne peuvent couvrir les mensonges courants et d’une grande variété des vendeurs de tubes qui veulent qu’on investisse dans une technologie obsolète.

3. Le mensonge antidigital

Vous l’avez souvent entendu, sous une forme ou une autre. A savoir : le son digital est largement inférieur à l’analogique. Le son numérisé est comme la photographie basique constituée de points dans un journal. Le théorème de Nyquist-Shannon est faux. Le taux d’échantillonnage de 44.1kHz des disques compacts ne peut pas rendre les hautes fréquences là où il n’y a que deux ou trois points d’échantillonnage. Le son numérique, même dans les meilleurs cas, est dur et haché. Et ainsi de suite… tout cela, sans exception, radotage ou présentation délibérée sous un mauvais jour. Une fois de plus, ce mensonge a peu d’impact dans la masse chez qui les technologies digitales ont gagné une totale acceptation ; mais dans les arcanes et parmi les tributaires du monde audio, dans les salons audio haut de gamme obstinés et les salles d’écoutes de divers gurus, cela reste une ligne de conduite.

La plus risible manifestation du mensonge antidigital consiste à préférer le LP obsolète plutôt que le CD. Quant à choisir entre la bande master analogique et la bande master numérique, ceci reste une controverse semi-respectable. Mais choisir les clics, pops et craquements du vynil plutôt que le silence (pas de bruit de fond) des creux constituant les donnés numériques, ceci constitue une rejet pervers de la réalité.

Voici les faits scientifiques que n’importe quel étudiant en électronique (2nde année) peut vérifier pour vous : l’audio numérique possède des arguments irréfutables que l’audio analogique n’a jamais eu et ne peut pas avoir. Les 0 et 1 sont de manière inhérente incapables de créer de distorsion dans le signal, contrairement à une courbe analogique. Même un taux d’échantillonnage à 44.1kHz, le plus bas employé dans les applications hi-fi actuelles, restitue plus que de manière adéquate toutes les fréquences audio. Il ne causera aucune perte d’information dans la plage (des fréquences) audio : pas un iota, pas un scintilla. L’argument « comment restituer 20kHz avec deux points d’échantillonnage ? » est une mauvaise interprétation basique du théorème de Nyquist-Shannon. (Ceux qui ont des doutes devraient prendre des cours élémentaires de systèmes digitaux.)

La raison pour laquelle certains enregistrements analogiques sont meilleurs que certains enregistrements numériques est que les ingénieurs ont fait un meilleur travail concernant le placement des microphones, les niveaux (d’enregistrement), la balance et l’équalisation, ou encore que la pièce où a été effectué l’enregistrement avait une meilleure acoustique. Certains des premiers enregistrements numériques était en effets durs et hachés, pas parce qu’ils étaient numériques mais parce que les ingénieurs pensaient encore analogique, compensant par anticipation des pertes qui n’existaient pas. Les meilleurs enregistrements numériques actuels sont les meilleurs enregistrements jamais réalisés. Pour être juste, il faut admettre qu’un enregistrement analogique réalisé dans les meilleurs conditions possibles et un enregistrement numérique enregistré dans les meilleures conditions possibles, à ce niveau de leurs technologies respectives, seront probablement de qualité comparable. Néanmoins, le nombre de Druides Analogiques en adoration devant l’Arbre aux Merveilles décroît rapidement dans l’univers de l’enregistrement professionnel. La solution digitale est simplement la meilleure solution.

4. Le mensonge contre le test d’écoute en aveugle

Les lecteurs réguliers de cette publication savent comment réfuter les divers mensonges invoqués par ceux qui vouent un culte au haut de gamme pour s’opposer aux tests d’écoute en aveugle (tests ABX), mais une brève explication est nécessaire ici.

La méthode ABX demande que l’équipement A et l’équipement B soit ramenés au même niveau sonore à ±0.1 dB, après quoi on peut écouter aussi longtemps que voulu pour identifier totalement A et identifier totalement B. Si on pense qu’ils sonnent différemment, il est demandé d’identifier X qui est soit A ou B (comme déterminé par un processus de randomisation doublement caché). On est autorisé à faire des comparaisons A/X et B/X à n’importe quel moment, autant de fois voulues pour décider si X=A ou X=B. Comme une réponse au hasard mène au bon résultat 50% du temps, un minimum de 12 essais est demandé pour une validité statistique (16 seraient mieux, 20 encore mieux). Il n’y a pas de meilleur moyen pour déterminer scientifiquement si on affirme juste entendre une différence ou si on peut vraiment l’entendre.

Les gurus vous diront que les tests ABX sont complètement invalides. Tout le monde sait qu’un Krell a un meilleur son qu’un Pioneer, alors s’ils sont indiscernables l’un de l’autre dans un test ABX, c’est que la méthode ABX est mauvaise : c’est leur logique. Tout le monde sait que Joe est plus grand que Mike, alors s’ils mesurent tous les deux 1m80 il y a quelque chose qui cloche avec le mètre ruban, n’est-ce pas?

Les objections habituelles des gurus face aux test ABX sont qu’il y a trop de pression (du genre « voyons à quel point vous entendez bien »), trop peu de temps (du genre « continuez, nous avons besoins de 16 essais »), trop d’éléments insérés sur le chemin du signal (c’est à dire relais, switches, atténuateurs, etc.) et bien sûr le jargon assorti sur la perception sonore. Tout cela n’est que fausses pistes pour détourner l’attention des fondements du contrôle du test. La vérité est que l’on peut faire un test ABX tout seul, sans pression de la part d’autres participants, que l’on peut prendre autant de temps que voulu (pourquoi pas 16 essais en 16 semaines?), et que l’on peut vérifier la transparence des systèmes de contrôle. Les objections sont totalement boiteuses et hypocrites.

Voilà comment on met à terre un hypocrite anti-ABX mentant, fumeux et sournois. Demandez lui s’il croit à un type de test A/B. Il dira sûrement oui. Alors demandez lui quelle perspicacité spéciale il gagne à (1) ne pas ramener les niveaux sonores à la même valeur et (2) regarder furtivement vers les plaques avec le noms des appareils. Regardez le se tortiller et perdre contrôle.

5. Le mensonge du feedback (retour en boucle sur l’amplificateur opérationnel)

Un feedback négatif dans un amplificateur ou un pré-amplificateur est mauvaaaais. Pas de feedback du tout est boooon. Tel est le mensonge largement invoqué.

Le fait est qu’un feedback négatif est l’un des outils les plus utiles disponible pour créer des circuits. Cela réduit la distorsion et augmente la stabilité. Seul à l’Age de bronze de la conception d’amplificateurs (à transistors), dans les années 60 et au début des années 70, le feedback était utilisé de manière si radicale et sans discernement par certains fabricants que le circuit pouvait avoir divers types de problèmes. Ce fut le début du fétichisme anti-feedback. Au début des années 80, un nombre de publications fondamentales d’Edward Cherry (Australie) et Robert Cordell (USA) ont, sans l’ombre d’un doute, mis en lumière qu’un feedback négatif est totalement bénin tant que certaines règles sont strictement observées. Assez de temps s’est écoulé depuis pour que la vérité soit comprise. Les tenants du dogme anti-feedback sont soit malhonnêtes, soit ignorants.

6. Le mensonge du rodage

Ce tissu de conneries (bullshit) largement réitéré consiste à faire croire que les éléments audio électroniques, et même les câbles, produiront un « meilleur son » après une période de rodage de quelques jours ou semaines ou mois (oui, mois). Pure connerie. Les capacités (des condensateurs) prennent « forme » en quelques secondes après la mise sous tension. La tension des transistors se stabilise en quelques minutes (et tout cela ne devrait pas du tout avoir d’importance capitale dans un équipement bien conçu, pour commencer). Il n’y a absolument aucune différence en terme de performance entre la première heure d’utilisation d’un amplificateur (ou pré-amplificateur ou lecteur CD) et la 1000eme. Quant aux câbles, aïe… Nous avons à faire à des vaudous audiophiles plutôt qu’à la science. […]

Les enceintes, cependant, peuvent exiger une période de rodage de quelques heures, peut-être un jour ou deux, afin d’atteindre des performances optimales, cela parce qu’elles constituent des systèmes mécaniques avec des pièces mobiles sous la contrainte qui a besoin d’y régner. (La même chose est vraie pour les appareils avec effets de retour et les armes à feu.) Cela ne veut pas dire qu’une enceinte n’aura pas un « bon son » en sortant de l’emballage, pas plus qu’une voiture avec 15km au compteur ne sera pas bonne à conduire.

7. Le mensonge du double câblage

Même des audiophiles plutôt sophistiqués tombent dans ce tour de passe-passe. Qui plus est, les fabricants d’enceintes participent à cette mascarade quand ils disent que les deux paires de connecteurs à l’arrière d’une enceinte servent autant à faire un double câblage qu’à bi-amplifier. Certains fabricants d’enceintes aux noms respectés sont coupables de cette prosternation hypocrite face aux sacrements des gurus : dans les faits, ils se soumettent aux « réalités » du marché.

La vérité est que bi-amplifier a un sens dans certains cas, même avec un crossover passif, mais le double câblage fait partie du domaine vaudou. Si on bouge les deux extrémités d’un câble vers les connecteurs où sont branchées les extrémités de l’autre câble, absolument rien ne change d’un point de vue électrique. La loi de physique qui dit cela s’appelle le principe de superposition. En termes électroniques, le théorème de superposition dit qu’un nombre de tensions appliquées simultanément à un circuit linéaire résultera à une intensité qui est la somme exacte des courants qui résulteraient si les tensions étaient appliquées individuellement. Le vendeur hi-fi ou l’audiophile qui arrive à prouver le contraire serait instantanément un candidat pour quelques récompenses scientifiques et distinctions académiques. En même temps, il est seulement juste de dire que le double câblage ne fait pas de mal. Il ne fait simplement rien. Comme les aimants dans les chaussures.

8. Le mensonge du filtre secteur

A peu près tout ce qu’il y a à savoir sur ce sujet a été dit dans les manuels d’utilisation des produits de marque Brysson : Tous les amplificateurs de marque Brysson sont fournis avec un circuit de haute qualité dans leur alimentation destiné à contrer les RF, les piques de tension et les autres problèmes dus au secteur. Les amplificateurs de puissance de marque Brysson ne nécessitent aucun système de filtre secteur spécialisé. Brancher directement l’amplificateur à la prise électrique.

Ce qu’ils ne disent pas c’est que la même chose est plus ou moins vraie avec tous les amplificateurs bien conçus. Ils ne sont pas forcément tous du niveau de ceux de Brysson en stabilité et en rendement, mais s’ils sont d’une certaine qualité ils peuvent être directement branchés sur une prise électrique. Si vous avez les moyens de vous offrir un filtre secteur alors vous avez aussi les moyens de vous offrir un amplificateur bien conçu, auquel cas vous n’avez pas besoin du filtre secteur. Il ne fera strictement rien pour vous. Notez qu’il n’est pas question ici des onduleurs utilisés en informatique. Ces onduleurs coûtent moins qu’une boîte magique Tice Audio, et les ordinateurs et leurs composants sont plus vulnérables que des appareils audio décents.

Le plus gros et stupide mensonge à propos du courant « propre » consiste à dire qu’il faut un cordon d’alimentation cher et spécialement conçu pour obtenir le meilleur son possible. N’importe quel cordon capable de supporter les tensions et intensités dans la maison sera aussi efficace qu’un autre. Les cordons ultra haut de gamme constituent une fraude. Vos circuits audio ne savent pas ce qui est à du côté (entrée) courant alternatif de l’alimentation, et cela n’a pas d’importance pour eux. Ce qui importe, c’est le courant continu dont ils ont besoin. Pensez à cela. Le tuyau qui a servi à remplir le réservoir a-t-il une importance pour votre voiture?

9. Le mensonge sur le traitement des CD

Cela remonte à l’époque du vynil, quand traiter la surface des LP avec divers liquides et sprays magiques pouvait parfois (mais pas toujours, loin de là) se traduire par une lecture améliorée, spécialement quand des résidus étaient déposés dans les sillons lors du pressage. La logique commerciale mit en avant, dans les année 80 et 90, des produits magiques similaires pour le traitement des CD. Le problème est que la seule chose qu’un CD a en commun avec un LP est qu’on peut mettre des substances grasses sur sa surface. La surface d’un CD, néanmoins, est très différente. Ses minuscules découpures ne correspondent pas à des lignes d’onde analogique mais contiennent simplement un code numérique fait de 0 et de 1. Ces 0 et 1 ne peuvent pas être « améliorés » (ou « dépréciés » dans ce cas) de la manière dont on peut parfois rendre les sillons d’un LP plus faciles à parcourir. Il n’y que des 0 ou des 1, c’est tout. On pourrait aussi bien polir une pièce de 25c de telle sorte qu’un caissier ne la prenne pas pour une de 10c.

N’utilisez simplement pas de traitement pour les CD: feutres verts, sprays ou étiquettes. Les idiophiles qui disent pouvoir percevoir l’amélioration ne peuvent jamais, jamais, identifier le CD traité dans un test en aveugle. Nul besoin d’ajouter que ce qui est écrit plus haut est aussi applicable pour les DVD.

10. Le mensonge de l’Oreille (l’ouïe) en Or

C’est le mensonge multi-usage qui devrait peut-être être placé en tête de liste en tant que No.1, mais il sera également bon pour conclure la liste. Ceux qui ont une Oreille en Or (OO) veulent vous faire croire que leur ouïe est si fine, si exquise, qu’ils peuvent entendre d’infimes nuances de sons joués mais trop insaisissables pour nous autres. Absolument faux. N’importe qui sans une ouïe abîmée peut entendre ce qu’ils entendent, mais seuls ceux qui ont la pratique et l’expérience savent qu’en faire, comment interpréter.

Ainsi, si une enceinte a une coupure (de fréquences) à 3kHz, cela ne sera perçu comme une réponse (en fréquences) régulière par personne, oreille en or ou pas, mais seule l’oreille expérimentée identifiera rapidement le problème. C’est la même chose quand un mécanicien identifie pratiquement immédiatement le problème en écoutant le bruit d’un moteur. Son ouïe n’est pas plus fine que la vôtre: il sait juste ce qu’il écoute. On pourrait en faire autant après avoir travaillé sur autant de moteurs que lui.

Voilà maintenant la mauvaise partie: les Oreilles en Or auto-proclamées (gurus subjectifs, vendeurs hi-fi haut de gamme, meneurs de clubs audio, etc.) utilisent souvent leur soi-disant ouïe supérieure pour intimider. « N’entendez-vous pas? » disent-ils en comparant deux amplificateurs. On est supposé entendre un grande différence entre les deux alors qu’en réalité, il n’y en a aucune : les OO ne peuvent pas l’entendre non plus; ils disent juste qu’ils le peuvent en se fiant à leur statut reconnu d’OO. Triste à voir.

Et la meilleure défense contre le mensonge de l’Oreille en Or est bien sûr le double test ABX en aveugle (voir #4 plus haut). Ce test fait la distinction entre ceux qui disent entendre quelque chose et ceux qui entendent vraiment. C’est impressionnant le faible nombre d’OO, s’il y en a, avec des résultats aux tests ABX qui correspondent.

Il y a bien sûr davantage de gros mensonges en audio que ces dix, mais gardons en de côté pour une autre fois. En plus, ce n’est pas l’industrie audio qu’on devrait blâmer mais la culture de consommation folle associée à l’acceptation d’une science « vaudou ». L’industrie audio, spécialement dans le secteur haut de gamme, réagit à peine face au climat ambiant. Finalement, chaque culture a ce qu’elle mérite.

Si vous décidez de commenter cet article, bienvenue ! Mais soyez constructif et apportez des arguments (au pire des liens). Aucun commentaire ne sera publié sans honorer cette demande.

Mise à jour du 3 avril 2019 : lisez cet excellent texte Audiophile, tu perds ton sans froid de Pierre Schneider, qui raconte la naissance d’un idiophile.

Quelle est cette image en tête de cet article ? Il s’agit d’un « élévateur de câble » qui pourrait mériter un onzième chapitre ici. Pour s’en convaincre, lire la description complète sur cette page (en anglais). Pour les anglophobes voici un paragraphe édifiant : « L’avancée la plus significative appliquée au DFSS est le pont suspendu à double bande de câble, conçu pour supporter n’importe quel câble, puissance ou signal, tout en dissipant l’énergie vibratoire à travers les bandes de polymère volontairement tendues. La deuxième innovation est le composé granulaire absorbant l’énergie qui remplit la base du DFSS. Cette formulation de composé absorbe l’énergie au sol qui s’accorderait autrement au câble, causant la dégradation du signal. »
Étrange, aucun prix Nobel de physique n’a jamais été accordé à un quelconque inventeur de matériel de ce genre…

211 réactions au sujet de « Les 10 plus gros mensonges en audio »

  1. Bonjour à tous,
    Merci pour cette bouffée d’oxygène.
    Oui, moi aussi j’ai un truc à tube fait maison : 2x6L6/ SE et 2 12AX7 SRPP : (Horreur un pont redresser à diodes silicium !!)
    …. du banal quoi.
    Mais c’est pour faire joli dans le salon et c’est vrai que mes amis bavent en le voyant.
    Pourtant, je n’ai jamais réussi à faire la différence avec le Technics que je cache.
    Et puis pour tout dire, tout ça est assez secondaire car quand j’écoute Argerich, Horowitz, Gould, Rubinstein, Lang, Hannigan, Garanca, hot, Parker, j’en passe… je me fou pas mal des fréquences et de la longueur de mes cordons secteur.
    C’est aussi dans ma voiture que j’écoute le plus de Zic et là… c’est de la very-Low-Fi très noisée ;o((

    Et l’émotion est quand-même bien là.
    Le cerveau à de ces pardons…
    Alors l’harmonique 3 des tubes conte le 4 du silicium, les belles transitoires qui font oublier la distorsion, ce que j’en dit !

  2. Le mensonge du filtre secteur n’est pas vraiment un mensonge.
    Il y a le filtre EMI et RFI.
    Il permet de ne pas polluer son propre réseau domestique 220V.
    En conséquence, il y en a un destiné au alimentations à découpage et l’autre aux ondes radios. Sur le EMI, le CPL ne passe plus et les claquement des relais de frigo ne font plus pouf dans les enceintes non plus. Puis le filtre RFI lui si je ne me trompe pas va permettre a votre ordinateur fixe de ne pas envoyer des GHZ sur le réseau.
    Pour ce qui est de la HIFI, qui font en sorte d’avoir une alimentation séparée et une carte ampli séparée pour le canal de droite et de gauche, ce n’est pas pour rien, c’est important, quand on veut un son d’enregistrement numérique.

    1. Vous ne parlez pas du filtre secteur comme facteur d’amélioration du son, mais de filtrage de bruits parasites externes, dans des situations bien précises de réseau électrique pollué ; ce qui n’est pas le cas chez tout le monde.
      Quant à l’amélioration de la diaphonie par des alimentations séparées, qui n’est pas une pratique systématique dans l’audio haut de gamme, c’est un autre sujet.

      1. D’accord mais, vous maîtrisez bien les termes technique, mais le filtre secteur améliore le son dans le sens ou on dépollue ses propres câbles, et du coup on peut sensiblement monter les gains des transistors dans un ampli et avoir moins de bruit de souffle et mieux le concevoir.
        Dans un ordinateur, on aura jamais une qualité audio acceptable à cause de l’alimentation à découpage, donc il y a des filtres EMI et RFI, et les alimentations externes existent pour de l’audio.

        « Le plus gros et stupide mensonge à propos du courant « propre » consiste à dire qu’il faut un cordon d’alimentation cher  »
        Oui, c’est un mensonge, mais avoir un circuit propre qui consiste à éloigner les câbles blindés de signaux analogique de toute alimentation secteur ou transformateur pour éviter la ronflette et bien câbler le masses dans l’appareil, pour éviter les boucles de masses font partie du son.Donc c’est un peu tordu je trouve comme raisonnement.

        1. Vous écrivez « Dans un ordinateur, on aura jamais une qualité audio acceptable à cause de l’alimentation à découpage ». C’est totalement faux.
          Les alimentations à découpage (SMPS) sont maintenant parfaitement maîtrisées en audio, y compris dans des amplificateurs de puissance.
          Quant aux boucles de masses, elles n’ont généralement pas grand chose à voir avec la proximité des câbles et des alimentations. La « ronflettes » est très bien expliquée sur le net, je vous laisse faire des recherches.

  3. Bien vu, on peut se demander pourquoi tous ces mensonges et bien d’autre encore.
    Alors que pour l’image on a pu passer du cathodique à l’écran plat hd sans s’occuper de toutes ces choses ésotériques. Pourtant l’image d’un vieux cathodique pourrait être considérée comme plus « agréable »…mais personne ne le dit !
    La raison de cela tient à une croyance fausse:
    « Tu vois ce que je vois » donc il n’y a pas débat on est obligé de tomber d’accord.
     » Tu n’entends pas ce que j’entends » donc il y a débat.
    C’est idiot mais c’est comme ça.
    Certes pour le son la salle compte plus que pour l’image mais au casque non !
    Sur ce point Dominique souligne l’importance d’accorder la chaine avec la salle, oui mais attention… quand on met un Steinway dans une mauvaise salle c’est mauvais ça raisonne de partout !!!! Cependant on ne fait pas venir l’IG du son pour accorder le Steinway avec la salle.
    Je crois que ce serait juste une solution de compromis mais pas une bonne solution.
    Quand ma fille joue du violon dans ma pièce hifi il y un son que je juge bon , vrai et réel (forcement) pour l’instant accorder ma chaine à la salle ne suffit pas à égaler la réalité.
    Dominique a bien fait de ne pas mettre la qualité du DAC dans les mensonges pourtant d’un point de vu théorique le jitter et autres distorsions sont au delà de ce qui devrait être audible.
    Mais là en parallèle j’ai constaté qu’un décodeur TNT bas de gamme n’est pas aussi bon que le TNT intégré dans la télé, ça se voit et ça ne devrait pourtant pas ! Est-ce qu’entre des tnt de qualité il reste une différence ????
    Voilà quelques unes de mes réflexions.
    Bonne continuation.

  4. Je possède un ampli de puissance avec une entrée « CD Direct »et donc un bouton de volume qui lui correspond. Je ne l’ai jamais utilisée parce que je ne pense pas que cela améliore quelque chose sur le plan auditif . Cela fait ,pour moi,partie de la théorie du « plus court chemin ». Ai-je raison ou tort?

    1. Le mieux est de l’écouter vous-même : vous fermez les yeux, quelqu’un appuie sur le bouton successivement, si possible sans que vous l’entendiez, il vous indique quand le bouton est changé. Bien sûr, sans vous dire dans quelle position il est placé et parfois en simulant un changement, pour réduire les « faux positifs ».
      Vous notez alors que vous entendez A, B ou rien.

  5. C’est un fait qu’on ne peut nier : plus on vieillit plus notre capacité auditive s’amenuise dans les hautes fréquences. Mais j’aimerais qu’on m’éclaire et je ne pense pas être le seul à le vouloir : qu’en est-il dans les fréquences très basses (le domaine des graves)?
    Une autre question : « une personne, habituée à écouter de la musique (jazz,classique,variété) depuis son enfance et qui à l’âge adulte a la chance (car c’en est une) d’aller en moyenne 10 à 15 fois dans l’année à des concerts dans des salles différentes suivant le type de musique qu’il va écouter,n’est-elle pas plus en mesure de juger de la qualité sonore d’une installation x dite HIFI dans une pièce y qu’une personne qui n’a pas eu cette chance?
    D’autre part je suis d’accord avec le fait qu’on s’habitue généralement à ses enceintes mais en ce qui me concerne je n’en étais pas entièrement satisfait pendant les 7 premières années ( problème de salle et mise en oeuvre correcte impossible). C’est lorsque j’ai déménagé en l’an 2000 que les choses se sont arrangées. Le fait de s’habituer ne peut être généralisé mais dans la grande majorité des cas il en est ainsi.

  6. Bonjour,
    J’ai exercé les métiers d’ingénieur informatique puis d’ingénieur en électronique… dans l’univers audio. Tout d’abord je tiens à dire que le principal enseignement de ma double carrière d’ingénieur est le suivant : ce n’est pas parce-que je ne peux pas le mesurer ou le démontrer à l’instant présent que ce n’est pas vrai. Restez humble et ne vous comportez pas comme un « hater », par pitié.
    Évidement je suis agacé, voir carrément énervé par le flux incessant de bêtises sans fondement que je peux lire dans les revues spécialisées et sur certains forums un peu trop ésotériques, ma solution est simple: je ne les lis pas.
    Cela dit je suis tout autant agacés par les mauvais scientifiques, se croyant plus malins que tous les autres et affirmant de façon catégorique que telle ou telle chose est comme ça, que ceci ou cela n’existe pas… ces personnes sont souvent les pires pro que j’ai pu croiser. Leurs convictions viennent très souvent d’un manque de connaissances et de rigueur scientifique plutôt que l’inverse… ironique non ?
    Si vous me permettez quelques ajouts sur votre article:
    1) Un cintre comme conducteur… quid de la non linéarité de l’inductance des matériaux magnétiques ? vous allez trop loin dans l’exagération pour appuyer votre propos.
    2) Les tubes… je crois qu’en dehors des discours marketing il est communément admis par le vulgum pecus que oui, un tube distord bien plus qu’un transistor, et que cette distorsion est agréable à beaucoup de personnes, pas de mensonge à grande échelle donc, plutôt un choix assumé.
    Je n’ai vu aucune étude sérieuse concernant la sensibilité positive ou négative des humains aux différents ordres et niveaux de distorsion, ni leur effet sur la perception d’un message musical. Je reste donc pour l’instant ouvert dans l’attente d’en apprendre plus.
    3) On écoute rarement des sinusoïdes simples sur sa chaîne. Qu’arrive t’il si on superpose une 50aine de signaux allant de 1 à 20Khz ? quel taux d’échantillonnage est nécessaire pour tout restituer sans approximation ?
    6) Le caoutchouc d’un HP qui se rode en quelques heures ? et l’enceinte qui doit sonner correctement dès la sortie du carton ? avez vous déjà conçu des filtres ou mis au point une enceinte ? certains HP neufs sont très rigides (les gros HP de grave à longue course par exemple) et le calcul théorique du filtre est à l’ouest tant qu’il n’a pas atteint les valeurs que vous avez employées pour le calcul(Qms…).
    7) Vous oubliez ce qui circule effectivement dans le/les câbles, votre enceinte est sûrement dotée d’un filtre passif non ? le courant circulant dans vos 2 câbles est donc différent selon la fréquence, et cela varie de façon importante dans le domaine du temps en jouant de la musique « normale ». A certaines fréquences (plus ou moins proches du point jonction entre tweeter et médium selon la pente de votre filtre), le courant circulera dans les deux câbles. Comme vous dites chaque câble possède ses caractéristiques électriques (RLC) et vous « passez » parfois par l’un, l’autre, ou les deux en //. Je ne défends absolument pas cette pratique, je ne dis pas du tout que c’est mieux, mais ce n’est pas pareil qu’un seul câble.

    1. 1) il va aussi loin que vous… « non linéarité de l’inductance des matériaux magnétiques » ?!
      2) la question n’est pas de savoir si l’écoute d’ampli à lampe plaît mais de répondre à une norme Haute Fidélité.
      6) heureusement que certains HPs neufs sont très rigides… et le restent ! Pour avoir fabriqué des dizaines d’enceintes acoustiques et rencontré l’ingénieur d’Elipson (à Bagneux, 1 rue Froide) dans les années 90, jamais il ne m’a parlé de rodage dans sa conception de produits. Pas plus que les fabricants de HP les plus connus (cf. datasheets et guides d’applications).
      7) « chaque câble possède ses caractéristiques électriques (RLC) […] ce n’est pas pareil qu’un seul câble. » : en matière de signaux BF, si. Et personne n’a démontré scientifiquement (ou aveuglément) le contraire.

    2. Bennic pour la perception positive ou negative des ordres et niveaux de distortion, si tu veux approfondir, tu peux lire les travaux de Helmohltz, du Laboratoire d’Acoustique Musicale, de Carl Stumph et Emile Leipp, et d’autres ont suivit plus tard, mais c’est des pavés à lire à tête reposé, j’ai lu ça dans ma jeunesse je crois pas que j’aurais le courage de les relire aujourd’hui 🙂
      Cordialement

    3. Merci à Bennic de remettre la subjectivité de l’individu au centre du débat. Ce que Pesty écrit comporte des vérités mais aussi des contre vérités qui ne sont pas toujours explicables scientifiquement du moins jusqu’à présent.
      Un câble de même longueur et de même diamètre ne « sonne » pas nécessairement de la même manière que son voisin dont les caractéristiques techniques connues sont identiques. Il en va de même pour quantité de composants de la chaine hifi. TVR

      1. Normalement je ne devrais pas approuver ce commentaire car il illustre fort bien tout un [énorme] pan du débat qui s’appuie :
        1. sur la subjectivité,
        2. sur l’idée que la science n’explique pas tout.
        Pour le premier point, la subjectivité ne doit pas s’extraire des tests objectifs. Si l’on entend subjectivement, on doit être en mesure de le démontrer pratiquement.
        Pour le second, on n’est pas loin des complotistes, qui usent de cet argument à loisir pour étayer leurs arguments fallacieux. Pour autant, la loi d’Ohm et tout ce qu’elle implique (notamment RLC) est très ancienne et balaye toute idée qu’un câble de même métal, longueur et section soit meilleur que l’autre. A moins qu’un électron ne soit pas qu’un électron mais une sorte d’entité divine qui module de façon mystique…

        1. Bonjour, Je réaffirme que la science de 2019 n’est semble t-il pas en mesure d’expliquer scientifiquement certaine sensations physique. Bien sûr, il faut avoir écouté sur une même chaine dans les mêmes conditions un signal musical identique avec deux câbles différents mais techniquement identiques (longueur, diamètre, même métal, etc…) pour avoir un avis objectif sur cette subjectivité. Une sensation subjective n’est pas un élément ésotérique comme vous semblez vouloir le dire. Cordialement. TVR

          1. La science a bon dos : c’est bien la porte ouverte à toutes les interprétations et affirmations, qui sont l’objet des « 10 mensonges ». Car si chacun veut bien le constater dans les discussions diverses et variées du web, les mêmes qui contestent le pouvoir de la science à valider un « constat subjectif » s’appuient sur elle dès qu’il faut étayer d’autres affirmations…
            Dans un autre domaine, le débat actuel sur l’homéopathie est du même tonneau.

  7. J’ai fait contrôler mes oreilles et à 68 ans j’entends encore bien jusqu’à environ 11000 Hz . La comparaison entre CD et microsillon montre simplement à l’écoute que l’un et l’autre se valent.
    En effet,lorsqu’on écoute un microsillon(33T)propre et d’époque,bien enregistré,avec une bonne cellule à pointe elliptique et une force d’appui de 1,25 g (une caresse pour le disque) la dynamique ressentie est la même sinon supérieure parfois (en classique) et on n’entend aucun bruit parasite.
    Pourquoi ce commentaire? Tout simplement je m’insurge contre tous ceux qui affirment haut et fort qu’il y a un bruit de fond, des craquements etc… Je possède environ 150 33T datés de 1957 à 1983 et il n’y a aucun bruit parasite à leur écoute. Il suffit de respecter à la lettre toutes les consignes de manipulation et de lecture .
    J’ai aussi lu l’article « Audiophile,tu perds ton sang-froid » et à un moment donné il parle des enceintes Bose tant décriés dans les forums. Je possède la dernière mouture de celles inventées en 1968 depuis 1993 et je ne les échangerais pour rien au monde. Mon salon a l’acoustique pour et j’ai scrupuleusement respecté les consignes de mises en oeuvre du manuel sauf pour la hauteur.
    Alors avant de décrier quelque chose pensez toujours que tout matériel (enceintes,ampli,lecteur CD etc…)doit être installé et utilisé comme il se doit. Pour cela il n’est pas besoin de dépenser des fortunes.
    Aucun matériel ne fera l’affaire dans une pièce ayant une mauvaise acoustique et aucun ne peut améliorer un mauvais enregistrement donc une mauvaise source.

    1. Pierre, comparer un CD et un microsillon :
      1. ne s’arrête pas à une fréquence haute audible, notamment pour nos oreilles âgées qui plafonnent effectivement autour de 10kHz.
      2. doit se faire à partir d’un enregistrement identique, quand il a été traité correctement, c’est à dire porté sur support numérique avec le travail d’ingénierie ad hoc.
      Pour ce second point, il est évident que bon nombre de vos galettes 33t sont de grande qualité, incomparables car jamais transférées sur un support numérique (ou incorrectement).
      A lire cet article bien documenté, notamment sur la notion de dynamique.
      Quant aux enceintes acoustiques, connaissant bien le sujet pour en avoir fabriqué quelques dizaines depuis mon adolescence, le constats est très simple : celles qui se trouvent dans votre salon son parfaites, dès le moment où vous ne les comparez pas avec d’autres, dans les mêmes conditions de réglage. Autrement dit, tant qu’on ne compare pas notre système sonore, il devient le bon système de fait : nos oreilles et notre cerveau font le travail d’habituation qui valide notre choix. On peut en dire autant avec le microsillon.
      PS : merci pour la correction de la faute d’orthographe.

  8. Tout ce qui est excessif est insignifiant, que ce soit le contenu de cet article ou le type de gourou qu’il essaie de dénoncer. Il n’y a pas plus d’argument scientifique dans cet article que dans ce que ventent les gourous de la hifi.
    Par contre scientifiquement tout s’explique
    Ce n’est pas l’oreille qui « entend » mais le cerveau, car c’est lui qui analyse les informations, d’où l’importance des harmoniques (voir les travaux de Helmohltz, du Laboratoire d’Acoustique Musicale, Carl Stumph, Emile Leipp,…).
    Bien des composantes du son ne sont en fait que des composantes psychologiques, psychoacoustiques, qui ne prennent place qu’au niveau cérébral, neuronal de la reconnaissance du timbre.
    Bernard Auriol explique la capacité que possède le cerveau à dégager des informations intéressantes alors même qu’un microphone capterait un ensemble sonore parfaitement noyé
    Lorsque plusieurs sons complexes, produits simultanément, frappent notre oreille, notre cerveau « ressent » soit une impression agréable dite d’accord harmonique, soit une sensation plutôt désagréable dite de dissonance.
    La représentation d’un signal analogique est une courbe continue, tandis qu’un
    signal numérique est un histogramme. Il ne s’agit plus ici de reproduire fidèlement le signal continu mais de le modéliser, de l’échantillonner, c’est à-dire s’approcher le plus possible de la réalité en l’encodant numériquement.
    La numérisation est donc une abstraction impliquant également la perte assumée d’une
    partie du signal. Quelle est l’impact de cette perte sur notre acceptation par le cerveau ? Là est la vraie question. Et comme en plus on a pas tous le même cerveau c’est pas gagné.

    En résumé pour moi ces batailles d’intégristes resteront toujours vaines, ce qui est intéressant c’est plutôt de démonter des arguments non scientifiques de vendeurs de matériels hors de prix.
    En hifi les vendeurs sérieux n’utilisent jamais ces arguments fumeux, ils sont sur des arguments scientifiques (un câble argent plus il s’oxyde plus il est conducteur, mais il passe moins bien certaines fréquences que le cuivre, les hystérésis de charge sont nulles pour les condensateurs polypropylène , le tantale a un faible ESR mais mauvaise linéarité donc pas pour le signal, la qualité des isolants des condensateurs qui va avoir une influence sur les bases de temps ?………) sensations d’écoute et de rendu sonore des timbres.
    Cordialement

    1. Jusqu’à la fin de votre premier chapitre ça pouvait éventuellement se lire, bien que résumer un signal numérique en histogramme est contestable dès qu’on parle de résolution. De plus, la perte d’un signal numérique non compressé ne se produit pas dans les fréquences humainement audibles.
      Maintenant, dans le second chapitre vous affirmez que les « vendeurs sérieux » n’ont que des « arguments scientifiques ». Là vous m’avez perdu…
      Enfin, vouloir adopter la posture d’un être scientifique et non d’un intégriste ça ne se clame pas : ça se démontre. A ce titre, j’aimerais que vous développiez scientifiquement votre assertion « un câble argent plus il s’oxyde plus il est conducteur, mais il passe moins bien certaines fréquences que le cuivre » 😉

      1. C’est une question de conductivité des matériaux, rien de spécifique à l’audio, c’est valable pour tout ce qui concerne la conductivité électrique en général. De mémoire l’argent est à 62 (10.E6 siemens/m) et le cuivre seulement à 59. L’argent en s’oxydant augmente vers 63 ou 64. Vous devriez pouvoir trouver ces infos facilement sur des sites scientifiques. Tous les microprocesseurs sont aussi basés sur ces règles. Tous les éléments sont plus ou moins conducteurs et conduisent plus ou moins bien certaines fréquences (et la chaleur aussi d’ailleurs). Si un vendeur est sérieux et veut vendre du matos en parlant de quoi il est constitué il doit être en mesure de parler de cela et pas de dire juste c’est bien (suis je plus clair ?) . Est ce audible ? On en revient toujours à la question de base, quelle oreille, quel cerveau, ………
        De toute façon même un effet placebo est considéré comme un effet, si on juge l’effet et pas la substance donnée. A la rigueur si quelqu’un est plus heureux car son câble d’enceinte est fait en poil de zout je m’en fou, par contre faut pas que le fabricant me dise que le poil de zout est plus conducteur que l’argent 😉
        En audio je ne connais qu’une bonne méthode de jugement, on essaie, on écoute, si ca nous convient on achète. Le reste n’a aucune importance.

  9. Bonjour, bien que l’on puisse louer l’intention la méthode est douteuse… Combattre l’obscurantisme par des arguments à l’emporte pièces sans approfondissement technique n’est pas une façon d’apporter de la lumière au sujet. Je ne prend que deux exemples pour économiser du temps mais il y aurait beaucoup plus à discuter:
    1) le rodage: Bien que vrai dans son intention, l’auteur de parle pas des effets du rodage et des vibrations mécaniques sur la mécanique d’une cellule phono, ou des armatures de certains condensateurs. Il fait un raccourci. Il confond un pseudo-rodage de transistors avec la mise en température de ceux-ci; qui ont une courbe de réponse différente en fonction de la température de fonctionnement, qui doit être optimale, calculé et stable.
    2) Les tubes: J’ai lu des bouquins de 300 pages la dessus et je trouve encore le sujet complexe… Les tubes génèrent des harmoniques paire, les transistors impaires … Un ou l’autre va donc exacerber une partie différente du signal. D’où l’apparition d’appareil hybrides. Les circuits possibles sont aussi très différents avec un comportement différent. Faudrait pas comparer des pommes et des oranges. N’essayer pas d’obtenir des grandes puissance facilement avec des tubes, il faudrait les multiplier en grande quantité pour avoir les quelques centaines de watts nécessaires aux enceintes modernes d’un rendement plutôt faible. Hors l’utilisation de beaucoup de transistors ou de tubes apporte aussi une multiplication de leur défauts. Nous pourrions aussi utiliser des tensions très élevées sur des tubes développés pour les télécommunication et non l’audio ce qui vous donnerai au final des watts mais ces tubes sont fait pour maximiser leur potentiel à des fréquences bien au delà de celles de l’audio. Obtenir des harmonies impaire afin d’équilibrer le signal est contre nature pour les transistors. Bref c’est un sujet beaucoup trop complexe pour être résolu par le dogme contraire proposé par l’article.
    Il a beaucoup trop de mystiques, farfelus et d’attrape-nigauds dans l’audio, j’en conviens, mais il faut le remplacer par de la science et être capable d’argument ses convictions … Il y a aussi des fabricants sérieux.

    1. Vous souhaitez répondre à des arguments (je cite) « à l’emporte pièce » par :

      « Il confond un pseudo-rodage de transistors avec la mise en température de ceux-ci »

      Vous n’avez pas lu le texte correctement. Mise en température et rodage est bien différent. Puis :

      « c’est un sujet beaucoup trop complexe pour être résolu par le dogme contraire proposé par l’article »

      Mais je n’ai rien compris, finalement, à votre position sur les lampes et transistors… à part cette sempiternelle question d’harmoniques paires ou impaires, qui est un socle fumeux à la défense d’une technologie passée. Enfin :

      « il faut le remplacer par de la science et être capable d’argument ses convictions »

      Ce sont bien des convictions qui président à la masse de littérature non scientifique – car non démontrable – qui sert à faire gober des couleuvres.

  10. Pour MRVE
    1°) se faire traiter d’idiot par un imbécile est un délice de fin gourmet.
    2°) si on ne répond pas aux réponses de P Pesty c’est parce qu’il indique que nous ne sommes pas sur un forum. Il faut le respecter même si l’envie démange.
    3°) c’est promis, je ne placerai pas le mot « cognitif » dans ma réponse.
    4°) quand on parle de subjectif, quel que soit le sujet, il est important d’accorder du crédit à tous les avis, même s’il sont émis par les idiots. (pour ma part il y a bien longtemps que les idiots n’existent plus. Ils n’étaient que l’expression de ma suffisance)
    J’ai 35 ans de bureau d’études derrière moi, et je constate que les formations d’ingénieurs remplissent les cerveaux mais n’ouvrent pas l’esprit. Je vous conseille une année supplémentaire de philosophie…

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