Cheap’tweak du Behringer DCX2496 et volume 6 voies

Cheap’tweak du Behringer DCX2496 et volume 6 voies

Préambule

Avant d’aller plus loin dans ce billet, merci au lecteur twouikeur de passer son chemin :

  • s’il ne supporte pas l’idée d’un condensateur de liaison sur le trajet majestueux du signal
  • s’il supporte encore moins la présence d’un électro-chimique, même de bonne qualité, sur ce même trajet
  • s’il ne considère que les composants « over high end » au prix des yeux de la tête pour mettre sous la panne de son royal fer à souder
  • s’il se réclame de facto de la confrérie de l’ouïe en or et rejettes en bloc les conclusions des 10 plus gros mensonges en audio exposés ici même
  • si le mot numérique lui donne des boutons…

Bref, s’il répond au stimuli orgasmique du câble secteur doré 24 carats ou du câble signal enrobé de coton des Indes, cette page n’est probablement pas pour lui1.

En résumé vous trouverez ci-après le moyen de convertir l’étage de sortie de symétrique en asymétrique, de façon simple, sans vous ruiner et y passer des heures jours, afin de connecter ce génial appareil qu’est le filtre actif numérique Behringer Ultradrive Pro DCX2496 à des matériels plutôt domestiques (HiFi) que professionnels (prononcer utilisés en sonorisation).

Aussi, je me suis intéressé à la mise en oeuvre d’un préampli passif, c’est à dire un simple réglage de volume aux 6 sorties du DCX 2496, afin de conserver le cheminement numérique jusqu’aux amplis. Tant qu’à faire, mettons nous au goût du jour. La simple idée de manipuler des 0 et des 1 dans tous les sens et sans scrupule me met en joie, après avoir passé une trentaine d’années à triturer du signal analogique.

Notez que, pour les plus flemmards, il en existe une version commerciale, trop coûteuse à mon goût. Refusant de faire la pub pour Paul ou Jacques, GrosGueule est votre ami (comme on dit dans les tuyaux).

Références et liens utiles

J’ai puisé ce tweak essentiellement dans les articles fouillés de Thierry Martin, twouikeur fou et audiophile passionné. Si son auteur n’est, à mon sens, pas bien loin de la frontière qui sépare le mélomane raisonnable de l’ésotérique, je respecte sa démarche car il est, comme moi, un fana du fer à souder et, mieux que moi, un amateur éclairé de la chose électronique. C’est une pratique en soi en matière d’audiophagie. Je m’appuierai donc sans vergogne sur ses travaux et illustrations.
Pour le plaisir je citerais également la boîte à outils de Rémy, Sonelec Musique, être ô combien raisonnable et un poil altruiste.
Ces sociétés et autres bouclards m’ont été utiles à la mise en route de ce cheap’tweak : Audiophonics, Selectronic, Electronique Diffusion, Audiofanzine ou encore ebay, bien sûr. Notamment ebay.de où l’on trouve à peu près tout ce que l’on veut, tant nos amis allemands sont friands de matériels audio et autres composants. Je ne parle pas la langue de Goethe mais j’arrive à me débrouiller à peu près, dans la mesure où les autochtones ont la bonne idée de pratiquer l’anglais bien mieux que le français moyen (litote).

Sans oublier le génial logiciel pour électroniciens en herbe ou flemmards, LochMaster, pour lequel je fais du prosélytisme tellement c’est pratique et pas cher. L’achat en téléchargement est conseillé, sous réserve qu’on ne choisisse pas la version française du site, paiement Paypal possible. Il faut soutenir les auteurs, autrement qu’en les piratant. Au passage, une fois encore, c’est Allemand.

Passons au cheap’tweak : chic et pas cher !

La liste des composants est concise :

  • 6 condensateurs 3,3nF polyester type LCC (dit le petit jaune),
  • 6 condensateurs 4,7µF/50V Nichicon « Muse » ES non polarisés,
  • 6 résistances 1K couche métal, tolérance ±1% (5% le fait aussi),
  • 6 embases RCA femelles verticales pour circuit imprimé,
  • 1 à 2 plaques d’essai à bandes (stripboard ou veroboard) selon largeur et quelques vis.

On trouve les plaques à bandes pas trop chères sur ebay.co.uk. Ceci afin de nous affranchir de tout perchlorure de fer et son atelier de gravure (bien qu’en possédant un, je n’ai jamais aimé). En matière de composants, on ne doit pas dépasser les 10 euros, du moins à fin 2008 au vu de l’inflation…

Pour les explications techniques et détails de montage, un bon dessin valant mieux qu’un long discours, reportez vous aux pages de dcx2496.fr et à ma galerie photo ci-après.

  • Monter la ou les nouvelles cartes selon ce schéma (format LochMaster). Les composants du côté pistes et les embases RCA de l’autre. Prendre garde à respecter une distance raisonnable entre les composants et les pistes, afin d’éviter tout court-circuit.
  • Déposer la carte de l’étage de sortie symétrique initial (20 vis et deux nappes).
  • Dessouder les 6 embases XLR femelles. Tresse ou pompe, au choix.
  • Faire partir du trou laissé béant par le pin 1 de la première embase XLR (Output 1) un câble de masse qui ira vers la piste GND de la nouvelle carte.
  • Une fois la nappe séparée au cutter, c’est assez facile, comme c’est illustré sur cette page et notamment cette photo, isoler les fils 14, 16, 18, 20, 22 et 24 dans de la gaine rétractable.
  • Remonter l’ancienne carte
  • Monter la nouvelle carte, à l’aide d’écrous et boulons bien sentis, en lieu et place des XLR. Il faut ruser un peu : désépaissir le bas de la carte pour s’insérer dans le petit interstice et avoir du doigté pour visser les écrous du bas. A moins d’utiliser des vis perforantes, sans être sûr de la solidité dans de la bakélite (dans l’époxy pourquoi pas).
  • Etablir les connexions en soudant les fils 13, 15, 17, 19, 21 et 23 à l’entrée respective des résistances n°1 à 6 de la nouvelle carte, directement sur la piste cuivrée
  • Connectez le câble de masse.

Le tour est joué : en avant la musique !

Préamplificateur passif – Réglage de volume 6 voies

Afin d’attaquer le filtre en numérique, si possible depuis différentes sources, dont certaines analogiques, il est nécessaire d’envisager le réglage du volume en aval du DCX2496. Par conséquent, celui-ci étant doté de 6 voies, il faut un potentiomètre (ou son équivalent) à 6 pistes distinctes.

Ici, mon cahier des charges était assez spécifique :

  • réglage du volume (depuis le DCX2496)
  • télécommande du dit volume (kit Selectronic ref. 90.0805)
  • sélection de 4 entrées analogique (vers le SRC2496)
  • sélection d’une double paire d’enceintes (satellites)
  • muting de l’ampli de grave, de fabrication maison
  • commande des relais standby des 2 amplis Denon

Et puis, ça c’est mon syndrome domotique, côté alimentation séparée, j’ai souhaité une commande secteur des deux Behringer, du tuner et du CD, via une multiprises gérée par un relais. Un inter tout-en-un bien pratique.

Si l’on s’abstient du cahier des charges ci-dessus et que l’on veut juste gérer le volume, il suffit d’acquérir un superbe potentiomètre APLS 6 voies portant la douce référence RK16816MG (6x10K, courbe log comme il se doit). On le trouve sur la baie ou chez Audiophonics, Selectronic n’ayant que le 4 voies au catalogue (se gardant le 6 voies pour son coûteux kit maison). L’écart max annoncé entre les voies est de 3dB. Il est totalement inutile d’ajouter des ajustables sur chaque voie, afin de régler l’écart entre canaux, puisque le DCX2496 est doté, fort logiquement et numériquement, d’un ajustement des canaux au quart de poil de none près.

Le schéma du potentiomètre est visible au format PDF sur le très documenté site ALPS. Ajoutez :

  • un bout de plaque d’essai (stripboard) de 90x70mm
  • des embases RCA (de 4 ou 6) dispo chez Electronique Diffusion, ou des RCA châssis à visser
  • un coffret rack 19″ ABS 1U chez Selectronic (réf. 90.1840-1) pile poil la largeur des Behringer
  • un bouton
  • une tige alu chez BricoMerlin
  • un manchon de raccord (ici un domino d’électricien dénudé)

et vous aurez compris que la bestiole ne doit pas dépasser les 60 à 80¤…

C’est Byzance ! A l’extrême, le seul montage d’un volume, donc du potentiomètre, peut se faire dans une boîte d’allumette (oui, une grosse). Quelques schémas et photos :

Behringer Ultramatch Pro SRC2496

Le SRC2496 est un couteau Suisse : convertisseur analogique/numérique et vice versa, il permet d’unifier tous les signaux vers une sortie analogique et/ou numérique. Il autorise, surtout, d’attaquer le DCX en numérique au format AES et de véhiculer, tout en les triturant à souhait, les signaux numériques tel quels jusqu’aux amplis. J’ai décidé son acquisition afin de me simplifier la vie avec les différentes sources. Grand luxe, il me permet la sélection de 3 entrées numériques S/PDIF : CD (Toslink optique), TV TNT (coaxial) et DVD (XLR) et d’une entrée analogique (tuner). Pour utiliser l’entrée XLR en S/PDIF : monter un câble en connectant la bague RCA (masse) à la broche n°3 de la XLR, la pointe de la RCA à la broche XLR n°2 (schéma ci-contre). Le SRC2496 reconnaît alors automatiquement le format S/PDIF. L’entrée analogique est utilisée telle quelle, grâce à deux câbles courts XLR vers RCA (ponter les broches 1 et 3 de la XLR) et un sélecteur 4 entrées ad hoc.

Pour info, le SRC2496 que j’ai reçu neuf, via un revendeur allemand sur ebay, moyennant 75¤, faisait un peu de bruit au niveau du transfo. J’ai ajouté une mousse entre ce dernier et le capot supérieur, car il s’agit juste de vibrations du dit capot. N’oublions pas que c’est du matos de sonorisation et que dans les racks 19″, fort logiquement, ce genre de buzz est au bruit ce que Sarkozy est à la moralisation du capitalisme…

Epilogue

Bien sûr, il reste les réglages. Mais il y a tellement de configurations possibles que chacun verra midi à sa porte.

En dehors des performances et de sa versatilité évidente, le Behringer Ultradrive Pro DCX2496 m’est fort utile dans la mise en oeuvre et la sélection de mes deux configurations :
– salon : système principal avec un grave central et deux satellites filtrés activement (soit 5 canaux)
– salle à manger : système secondaire avec le même caisson et deux enceintes en filtrage passif (soit 3 canaux)
Les nombreuses mémoires utilisateur jouent leur rôle à merveille.

On pourrait très bien se passer de ce tweak et câbler les XLR vers du RCA électriquement. On doit alors acheter des câbles XLR femelle vers RCA mâle ou, comme je l’ai fait, les confectionner. Il suffit de ponter la broche 1 (masse) et 3 (point froid). J’ai pratiqué le filtre analogique Behringer Super-X Pro CX2310 ainsi et sans souci. Mais il faut dire que mes amplis Denon POA800 acceptent n’importe quoi sans broncher. Je ne suis pas certain que ça soit toujours le cas, notamment dans les systèmes à haut rendement. M’enfin, vu le prix de la modification et le coût des 6 câbles XLR-RCA… y a juste la garantie qui saute, pas le porte-monnaie 🙂

Une fois tout ça installé dans mon bô meuble de salon de chez C’est moi qui l’ai fait, je regrette juste l’aspect sapin de Noël de l’ensemble (Vu-mètres). A creuser, le moyen de les masquer.

1. lors de mes recherches, ma quête du St-Graal, GrosGueule m’a souvent mené sur quelques forums. Me gardant bien de participer aux débats interminables et généralement stériles autour de l’audio high end, je suis tombé sur cette phrase… Il y a une contradiction permanente dans la recherche de « pureté » de certains audiophiles, c’est d’ignorer que les matériels et composants qu’ils se refusent à employer ont servi précisément en amont des enregistrements qu’ils écoutent.

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